CAMBODGE - LE PAYS MAUDIT
jeudi 31 août 2006, par Pascal Fenaux

- Un ex-milicien khmer rouge dans l’ancien fief maoïste d’Anlong Veng, à 450 km au nord-ouest de Phnom Penh, juillet 2006. C’est là qu’est enterré l’ancien « Frère Numéro Trois », Ta Mok. © AFP
Le Cambodge se prépare à affronter une page tragique de son passé. C’est dans le courant de 2007 que s’ouvrira à Phnom Penh le procès de quelques anciens dirigeants khmers rouges encore en vie. Au pouvoir d’avril 1975 à janvier 1979, le régime khmer rouge (nationaliste et ultramaoïste) de Pol Pot a en effet massacré entre 2 et 3 millions de Cambodgiens, soit environ le cinquième de la population.
La plupart des Cambodgiens espèrent que ce procès aidera à faire la lumière sur la période la plus horrible de leur histoire. Une période que certains observateurs étrangers n’ont longtemps pas hésité à nier, arguant de ce que le Vietnam voisin, responsable du renversement du régime khmer rouge en 1979, avait eu intérêt à « forcer le trait » pour justifier une occupation qui allait durer dix ans.
Quoi qu’il en soit, beaucoup espèrent également que le procès permettra aux dirigeants cambodgiens actuels de comprendre qu’ils ne sont pas à l’abri d’un jugement pour leurs exactions. Le Premier ministre, Hun Sen, a en effet tendance à « birmaniser » son pays, autrement dit à bafouer des droits humains pourtant théoriquement reconnus par les lois cambodgiennes. Arrestations d’opposants, tortures en détention, assassinats de syndicalistes sont ainsi devenus monnaie courante dans le Cambodge de Hun Sen. Celui-ci contrôle tous les tribunaux du pays… et aurait aimé aussi contrôler le tribunal des Khmers rouges, car il est lui-même un ancien officier du régime de Pol Pot.
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