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Expropriation forcée ... 6 morts dont 4 enfants de moins de deux ans !
Cette famille au bord d’une autoroute du Paraguay n’y est pas par hasard. C’est bien son lieu de vie car elle n’a nulle part ailleurs où aller ! Voilà près de dix ans qu’elle vit là. Comme 90 autres familles de la communauté Yakye Axa, elle espère pouvoir récupérer les terres de ses ancêtres. Ces familles vivent ici dans des conditions de vie déplorables, sans eau courante, sans terre à cultiver ni école, ni infrastructure médicale … Il y a juste un an, 6 membres de cette communauté sont morts, faute de soins appropriés. Parmi eux, 4 enfants âgés de moins de deux ans.
Les Yakye Axa et les Sawhoyamaxa interpellent la communauté internationale
Comme pour les Yakye Axa, les Sawhoyamaxa sont victimes des mêmes violations. Pour faire entendre leur voix, les Sawhoyamaxa et les Yakye Axa se sont unis et ont introduit tous les recours nationaux possibles. Les autorités paraguayennes ne les ont pas entendus. En juillet 2005, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a ordonné à l’Etat paraguayen de restituer dans un délai de trois ans les terres revendiquées par ces communautés. Elle a aussi ordonné qu’Il leur fournisse de l’eau, des soins médicaux, de la nourriture, des sanitaires et des matériaux éducatifs adéquats, tant que ces populations n’auraient pas récupéré leurs terres.
À ce jour et malgré un changement de gouvernement en 2008, leur situation reste inchangée !
En désespoir de cause, les Yakye Axa ainsi que les Sawhoyamaxa sont courageusement revenus au bord des propriétés où ils vivaient auparavant. Ils continuent à revendiquer la reconnaissance juridique de leurs droits sur une partie de la terre de leurs ancêtres.
| « Depuis 20 ans, nous luttons pour récupérer notre terre ancestrale. Nous vivons au bord de la route et nos conditions de vie sont très précaires. Nous avons besoin de la solidarité d’Amnesty et de ses membres. » José Gonzalez, Sawhoyamaxa. |
Ceci est intolérable !
Aucune infrastructure n’existe pour vivre décemment le long de cette autoroute : ni eau courante, ni électricité, ni école, ni centre médical. Pour trouver un point d’eau, il faut parcourir 13 kms. Marisa, 72 ans, ne peut plus le faire. C’est donc sa fille qui s’en charge. Mais subvenir aux besoins en eau d’une famille de 9 personnes est une tâche quotidienne éreintante. L’eau n’est d’ailleurs pas toujours potable, ce qui fait croître les risques sanitaires. Ne pas pouvoir produire soi-même sa nourriture, comme le faisaient ces familles avant d’être expropriées, c’est dépendre d’une aide alimentaire très irrégulière. Une alimentation pauvre et non équilibrée engendre aussi des problèmes de santé. Ceux-ci ne peuvent être facilement résolus car bien évidemment il n’y a pas de services de santé à proximité. L’absence d’infrastructures médicales a entraîné plusieurs décès qui auraient pu être évités.
Enfin, les enfants ne peuvent être scolarisés. Ils sont donc condamnés dès l’enfance à une vie de misère.
| Les droits humains sont indivisibles : l’absence de l’un d’entre eux entraîne une privation de droits en cascade. Droit à la propriété, droit à un travail décent, droit à l’alimentation, aux soins de santé, à l’éducation … pouvant parfois entraîner la mort ! Amnesty ne peut accepter que des communautés entières soient tenues à l’écart des droits réservés à l’ensemble des citoyens d’un pays. |
Ce que vous pourrez changer avec Amnesty International

- Des membres de la communauté indigène Yakye Axa et Sawhoyamaxa marchent vers le Congrès pour y déposer des témoignages de soutien venant du monde entier. 31 mars 2009 ©AI
Depuis novembre 2008, les Sawhoyamaxa et les Yakye Axa ont demandé à Amnesty International de les soutenir dans leurs revendications.
Amnesty met toute son énergie en œuvre pour venir en aide à ces populations indigènes dont de nombreux droits sont bafoués. Elle a mobilisé ses chercheurs, fait connaître la situation de ces communautés dans le monde entier pour que s’insurgent tous ceux qui refusent les situations dramatiques où les droits les plus importants sont bafoués, quel que soit l’endroit de la planète.
Des milliers de lettres de soutien commencent à affluer des quatre coins du monde. Des lettres de protestation aussi, adressées aux autorités paraguayennes.
Avec détermination et persévérance, les sympathisants d’Amnesty se battront jusqu’à ce que ces communautés indigènes retrouvent leurs terres et ce même si le Congrès du Paraguay a rejeté il y a quelques mois le projet de loi du Président visant à rendre ces à leurs propriétaires d’origine.
Tous ensemble, nous avons le pouvoir de changer les choses.
Ensemble, exigeons la dignité !







