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Opération courage : redonnez-leur espoir - nov 2005

vendredi 4 novembre 2005

Comme de coutume à cette période de l’année, nous serons sous peu , pour la plupart, déjà plongés dans les préparatifs des fêtes, prêts à partager chaleureusement quelques moments privilégiés avec nos proches.

C’est pour nous aussi le moment de vous proposer d’élargir le cercle de ces personnes à qui vous exprimez vos meilleurs voeux.

L’envoi d’une simple carte postale à des prisonniers d’opinion est porteur d’espoir. Cette année, nous vous proposons d’adresser vos vœux à des prisonniers d’opinion chinois en très mauvais état de santé depuis leur mise en détention, à des enfants népalais soumis à tous les affres d’un conflit interne dont ils sont les premières victimes et encore à un objecteur de conscience aux Etats-Unis qui a refusé de faire la guerre en Irak.

Afin de briser leur isolement et d’attirer l’attention de la communauté internationale sur leur sort, je vous invite donc à participer à notre traditionnelle « opération courage » de fin d’année.

En ce moment même, aux quatre coins de la planète, nos membres et donateurs se mobilisent pour acheminer leurs messages d’espoir et d’encouragement à des victimes et à des prisonniers injustement incarcérés du simple fait de leurs opinions, de leur origine ethnique, de leur couleur de peau, de leur genre...

Vous aussi, vous pouvez prendre part à cette formidable chaîne de solidarité. N’hésitez pas à leur envoyer des mots d’encouragement, des cartes colorées ou encore des dessins chatoyants. Chacune de ces missives représente une formidable bulle d’espoir pour les destinataires, en quelque sorte un antidote aux mauvais traitements qu’ils subissent et aux jours noirs qu’ils traversent.

Voyez vous-même l’incroyable impact de ces messages au travers de l’histoire de Wei Jingsheng. En 2005, il ne tient qu’à vous de prolonger la liste de ces personnes pour qui, un jour, la vie a pris un tournant et un relief plus souriants.

De plus, je ne pourrais jamais souligner assez toute l’importance de votre soutien financier pour mener à bien tous nos objectifs.

En vous remerciant de la confiance et du soutien que vous apportez à nos missions, au nom de nos partenaires, je vous adresse mes plus chaleureuses salutations ainsi que mes meilleurs voeux pour l’ année qui vient.

Vincent Forest Président

Au cours des dernières années et tout au long de l’année 2005, nous vous avons sollicité(e) pour intervenir en faveur de personnes qui étaient emprisonnées. Certaines d’entre elles vous sont proches, d’autres moins,... . Nous avons reçu beaucoup de témoignages des victimes dont le sort s’était amélioré.

En toute légitimité, il arrive aussi que vous vous demandiez ce qu’il est advenu de l’une ou l’autre personne pour laquelle vous vous êtes mobilisé(e)s. L’occasion est belle de vous dresser, en quelques paragraphes, le parcours du célèbre dissident chinois Wei Jingsheng, aujourd’hui encore, comme hier, inébranlable défenseur des droits humains.

Un témoignage édifiant : Wei Jingsheng, huit ans après ..."

Au lendemain de sa libération définitive, Wei Jingsheng, écrivit à Amnesty International : « Merci à tous mes amis d’Amnesty... Quand j’étais en prison, le traitement que je subissais variait de temps en temps, parfois meilleur, parfois pire. Au début, je ne savais pas, mais plus tard, je compris que les pressions exercées par la communauté internationale jouaient un rôle important dans ces variations... Votre travail est d’une valeur inestimable pour ceux qui souffrent de l’oppression politique. Son succès est peut-être plus grand que vous ne l’imaginez... »

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Wei et sa famille

Durant sa détention, Wei Jingsheng sera proposé au Prix Nobel de la Paix, se verra décerner in abstentia le Prix Sakharov des droits de l’Homme par le Parlement européen. Aux yeux du monde, ce résistant de longue date prend la stature d’un Havel ou d’un Mandela. Trop gênant en prison pour Jiang Zemin, à qui il refusa l’achat de son silence, il est expulsé de Chine en novembre 1997. Le temps d’un vol transpacifique, il passe de l’enfer des camps au faste du Bureau ovale, à Washington, où le reçoit Bill Clinton...

Tout juste sorti de dix-huit années de souffrances carcérales, le célèbre dissident déclare : « Ne croyez pas pour autant que je me sente libre. Je le serai quand il me sera possible de déambuler dans une ville de mon pays ». Depuis, Wei Jingsheng vit aux États-Unis, dans une ferme de Virginie, mais passe la majeure partie de son temps à sillonner le monde afin de promouvoir la cause de la démocratie en Chine.

Chaque année, en tant que président de la Coalition de la Démocratie Chinoise Outre-mer, il passe six semaines, de mars à avril, à Genève, pour œuvrer - en vain - à ce que la Commission des droits de l’Homme (CDH) des Nations unies vote une résolution condamnant la Chine pour ces innombrables atteintes à ces droits : poursuite des condamnations pour délit d’opinion ; libertés d’expression, de réunion, de presse constamment bafouées ; application massive de la peine capitale (Wei Jingsheng fut le premier à révéler la pratique des prélèvements d’organes sur les condamnées à mort) ; répression des minorités tibétaines, mongoles et ouïgoures ; violations multiples des droits économiques et sociaux, qui se traduisent par des milliers de morts suite aux accidents de travail, des mises au chômage massives, des normes de production dignes de l’esclavagisme, des syndicalistes opprimés.

En décembre 2004, il rencontra Georges Becker, le président du puissant syndicat des métallurgistes des États-Unis, pour appeler à une solidarité internationale avec le mouvement ouvrier autonome en Chine : « Des drames continueront à se produire en Chine. Il y aura des arrestations, des coups seront donnés et des militants licenciés. Mais il faut continuer, ne jamais renoncer. Si les ouvriers tiennent le coup, s’ils arrivent à s’organiser, pas à pas, ils finiront par remporter la victoire ».

Huit ans se sont écoulés depuis l’expulsion de Chine de Wei Jingsheng et, durant ces années, l’impressionnante croissance économique de la Chine tend à répandre dans le monde occidental l’idée que la modernité et l’élévation progressive du niveau de vie généreront tôt ou tard la démocratie et des droits humains adaptés à la culture chinoise. Et qu’il suffit d’attendre. Une opinion qui révolte Wei Jingsheng : « Les soi-disant valeurs historiques et culturelles avancées par les dirigeants chinois pour contester le caractère universel des droits humains et la démocratie, et prôner un développement économique sans liberté, n’ont aucun sens. L’Histoire même en apporte le démenti : le peuple français n’avait ni le niveau de vie ni les moyens d’information des Chinois d’aujourd’hui quand il a fait la révolution de 1789. L’aspiration des Chinois n’est pas seulement de s’enrichir ».

Extrait d’un article de Bernard Debord, paru dans la Chronique d’Amnesty d’octobre 2005 - Amnesty International/ France


INSUFFLEZ-LEUR DE L’ESPOIR

CHINE : Xiao Yunliang et Yao Fuxin

« Tout ce qu’ils ont fait, c’est dénoncer la corruption dans le but de protéger les intérêts de la nation. Ils n’ont rien fait qui pourrait nuire au parti (communiste) ou troubler l’ordre social ». Guo Xiujing, épouse de Fao Fuxin

Depuis quelques années, la Chine transforme progressivement son économie socialiste gérée en majorité par l’Etat en une économie de marché avec un secteur privé florissant. Parallèlement, des conflits sociaux se sont multipliés en raison de la fermeture de nombreuses entreprises publiques. Elles ont en effet réduit au chômage des milliers de personnes. En mars 2002, des représentants de travailleurs ont contribué à l’organisation de grèves massives dans la ville de Liaoyang, située dans la province du Liaoning. Trente mille travailleurs issus d’une vingtaine d’usines y ont participé. Ces salariés protestaient contre les licenciements, la corruption présumée de cadres et le non-versement de prestations sociales dans les délais prévus. Si certaines revendications ont été rencontrées par les autorités locales et les directions d’usine, les appels à la libération de militants arrêtés suite à ces manifestations sont demeurés sans réponse.

Xiao Yunliang et Yao Fuxin, leaders l’un et l’autre du monde ouvrier, ont tous deux été arrêtés et jugés le 15 janvier 2003 pour « subversion » et « organisation de manifestations illégales ». Le 9 mai 2003, le premier a été condamné à une peine de quatre ans et le second à sept d’emprisonnement au terme d’un procès dont Amnesty a dénoncé l’iniquité des procédures judiciaires. Avant que le jugement ne soit prononcé, les familles des deux hommes avaient été harcelées par la police. On leur avait enjoint de ne prendre pat à aucune manifestation publique, à ne pas introduire de requête auprès des autorités de Pékin et à ne pas communiquer avec les médias. Certains des proches de ces deux hommes ont été molestés.

L’état des deux hommes est alarmant. Pour l’un comme pour l’autre, il y a eu une forte dégradation de leur santé depuis mise en détention. Ils sont détenus à la prison de Lingyuan, une prison qui détient le record en ce qui concerne les mauvais traitements et la torture envers les prisonniers.

Fao Fuxin, âgé de 54 ans, a eu des problèmes cardiaques en détention. Il est par ailleurs possible qu’il ait eu plusieurs accidents vasculaires cérébraux mineurs depuis son arrestation. Il n’a, semble-t-il, jamais eu de problèmes cardiovasculaires avant son emprisonnement. Le 6 août dernier, il aurait eu une attaque cardiaque qui a provoqué des lésions au niveau de sa vision et de son audition. Il souffrirait aussi désormais d’une insensibilité des mains. Yao Fuxin, ne devrait être relaxé qu’en mars 2009. Cependant, il pourrait, s’il devait purger toute sa peine, ne pas sortir vivant de la prison.

Xiao Yunliang, âgé de 58 ans, souffre lui d’artériosclérose. Il a des troubles du foie et présente un kyste au rein. Il souffre de gastrites chroniques. Il a également perdu l’usage d’un de ses yeux à cause d’une conjonctivite. Il présente des troubles associés à la tuberculose, ainsi qu’à la pleurésie et à l’hypertension. Il ne reçoit aucun médicament en prison, si ce n’est exceptionnellement des médicaments pour soulager ses maux d’estomac. Sa femme craint que, s’il n’est pas soigné avant le terme de la fin de sa détention en mars 2006, il ne soit trop tard pour un quelconque traitement et que les développements de ses maladies ne lui soient fatales.

Manifestez-leur toute votre sympathie. Ecrivez-leur à l’adresse suivante (une carte différente pour chacun d’eux)

Nom du prisonnier c/o Prison Governor Jianyuzhang Lingyuan di er jianyu Liaoningsheng 122500 People’s Republic of China Timbres prior : 0,80 euros

Népal, les enfants pris au piège du conflit.

« Ce conflit est une catastrophe pour les enfants du Népal. Certains enfants ont été directement ciblés par l’une ou l’autre partie au conflit, des centaines d’autres sont morts victimes de bombes et d’engins explosifs improvisés. Des milliers d’enfants ont été contraints de fuir de chez eux et se retrouvent confrontés à une exploitation et une pauvreté sans espoir. » Purna Sen, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

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il n’y a plus d’âge pour vivre l’horreur

Des milliers d’enfants au Népal sont confrontés à des exactions et violences graves dans le conflit en cours au Népal, où rebelles maoïstes et forces de sécurité se livrent à une lutte interne brutale depuis neuf ans. Les deux parties violent les droits les plus élémentaires des enfants. Ceux-ci sont tués, détenus illégalement, torturés, violés, enlevés et recrutés de force pour des tâches militaires. Les forces de sécurité ont tué des enfants soupçonnés d’être engagés aux côtés des maoïstes ; les maoïstes ont quant à eux enlevé et tué les enfants de membres des forces de sécurité et causé la mort de nombreux enfants en bombardant délibérément des infrastructures civiles et en laissant des engins explosifs improvisés dans des zones civiles.

Plusieurs missions d’Amnesty International ont eu lieu au cours des derniers mois. Les témoignages sont accablants. Chandra Malla a raconté à Amnesty International comment, après que son mari eut été tué par des membres des forces de sécurité, des policiers sont venus arrêter chez elle son fils de dix ans. Ils l’ont traîné hors de la maison et l’ont frappé avec un pistolet en l’accusant d’être maoïste. Le garçon est resté en garde à vue pendant six jours, au cours desquels il a été battu avec un tuyau en caoutchouc sur tout le corps. Après l’avoir libéré, les forces de sécurité sont revenus chez lui, menaçant de violer sa sœur de douze ans.

Une jeune fille de quinze ans, vivant dans une région du centre-ouest du Népal, a raconté à l’un de nos chercheurs qu’un soldat l’avait violée dans l’étable appartenant à sa famille au cours d’une « opération de ratissage » menée de nuit dans son village. Selon des organisations de femmes, le conflit se traduit également par un trafic de plus en plus important de jeunes filles à des fins d’exploitation sexuelle - un problème déjà très sérieux au Népal.

Au cours de ces dernières années, les maoïstes ont enlevé des milliers d’écoliers pour des sessions « d’éducation politique » organisées dans des lieux éloignés. Si la plupart des enfants rentrent au bout de quelques jours, certains manquent à l’appel.

Les structures scolaires ont été particulièrement touchées. Les deux parties ont utilisé les écoles à des fins militaires et les maoïstes ont bombardé de nombreuses bâtiments scolaires, faisant des blessés parmi les enfants. Ces attaques, s’ajoutant aux enlèvements d’écoliers par des maoïstes et à des grèves paralysantes, font que de nombreux enfants népalais ne sont plus scolarisés et ce, pendant des années.

Amnesty a invité tous ses sympathisants, ainsi que des élèves et des enseignants du monde entier, à envoyer des cartes postales, des dessins, des poèmes aux enfants et aux enseignants du Népal par son intermédiaire. Des courriers en quantité aussi massive peuvent avoir un impact important sur les comportements des deux parties en conflit et les inviter à revoir les traitements qu’elles infligent aux enfants.

Envoyez vos courriers sous l’intitulé « Enfants du Népal » Amnesty International Asia-Pacific Programme - Nepal team 1 Easton Street London WC1X 0DW Royaume-Uni Timbres prior : 0,80 euros

Etats-Unis, Pablo Paredes

« Au-delà de mon devoir d’obéissance à mes supérieurs et à mon Président, j’ai un devoir plus élevé d’obéissance à ma conscience et à la loi suprême du pays. » Pablo Paredes

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Pablo Paredes

Le 6 décembre 2004, Pablo Paredes, vingt-trois ans,refuse d’embarquer à bord du navire U.S.S. Bonhomme Richard, où il doit participer à l’acheminement des GIs en Irak. En cause, sa liberté de pensée, de conscience et de religion. Sa désertion lui vaut le 12 mai dernier une condamnation à trois mois de travaux forcés, alors même que sa demande pour obtenir le statut d’objecteur de conscience est en cours. Il a demandé ce statut le 4 janvier 2005. L’officier en charge de l’enquête a estimé dans un premier temps que sa demande devait être refusée, ses convictions étant de nature politique et son objection de conscience ne concernant pas toutes les guerres mais seulement la guerre en Irak. Pablo Paredes est le troisième objecteur de conscience aux Etats-Unis à être adopté comme prisonnier d’opinion par Amnesty International depuis le début de la guerre en Irak. Les deux autres étaient Camilo Mejia et Abdullah Webster qui ont tous deux recouvré la liberté après une période de détention au sein de l’armée. Depuis sa remise en liberté le 30 avril dernier, Abdullah Webster a développé les raisons de son objection à prendre part à la guerre en Irak. « Au fur et à mesure que le temps passait, il apparaissait de plus en plus que la raison de cette guerre était fausse - il n’y avait pas d’armes de destruction massive. La guerre était injuste et je n’étais pas préparé mentalement ni spirituellement à prendre part à une guerre injuste. » Un nombre grandissant d’objecteurs américains à la guerre en Irak cherchent à obtenir le statut de réfugiés au Canada.

Des messages ou des cartes de voeux peuvent être transmises à Pablo Paredes aux adresses suivantes Par mail : solidaritywithpablo yahoo.com

par courrier : San Diego Military Counseling Project 4283 El Cajon Blvd Suite 115A San Diego, CA 92105 Fax 619-263-9345 Timbres prior : 0,80 euros


Quelques consignes  : - écrivez des messages simples et personnalisés de type : « nous espérons que vous allez bien, ici nous pensons à vous et . .. »

- ne faites pas allusion à la situation politique du pays ou aux accusations portées contre les individus

- choisissez des cartes postales qui ne comportent aucun symbole religieux, qui ne fassent pas référence à des boissons alcoolisées ou qui ne heurtent pas la pudeur : les victimes contactées sont peut-être d’une autre obédience ou culture que la vôtre et pourraient être choquées.

Comment les contactez ?

Plusieurs possibilités vous sont offertes

-  vous envoyez directement vos vœux aux personnes concernées en leur adressant une carte postale

-  Vous pouvez faire acheminer vos courriers par nos soins. Si c’est le cas, n’indiquez pas les mentions « Amnesty International » ni les coordonnées d’Amnesty sur le courrier spécifiquement destiné aux victimes, mais placez votre/s carte/s dans une enveloppe à expédier à Amnesty International - 9, rue Berckmans - 1060 Bruxelles

Un message de retour ?

Il arrive parfois que les personnes qui envoient leurs vœux reçoivent en retour un message des victimes ou des autorités. Si vous receviez ce type de courrier, n’hésitez pas à nous le transmettre, nous pourrions ainsi rediffuser la nouvelle à l’ensemble des personnes qui, comme vous, s’étaient mobilisées. Pour cela, écrivez clairement vos coordonnées sur la carte et renvoyez-nous une copie des messages à Amnesty International, Opération courage, 9, rue Berckmans - 1060 Bruxelles.

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