Accueil du site > Soutenir Amnesty > Informations aux donateurs > Ces témoignages qui nous bouleversent ! > Thich Tri Luc, un moine désormais en sécurité !

Thich Tri Luc, un moine désormais en sécurité !

vendredi 20 août 2004

Thich Tri Luc, un moine bouddhiste vietnamien, ancien prisonnier d’opinion, s’est installé en Suède, après avoir été arrêté au Cambodge où il cherchait refuge. Le 8 juillet dernier, il déclarait : « Pour la première fois depuis dix ans, je peux m’ennivrer de liberté et de démocratie ». IL a également remercié du fond du cœur ceux à qui il doit sa liberté.

Après sa libération, dans une note manuscrite adressée à Amnesty International et à d’autres organisations de défense des droits humains, Thich Tri Luc a relaté en détail son enlèvement au Cambodge :

Il était environ 19 heures ce 25 juillet 2002 et j’étais dans la Rue 85, en face du Russey Market, à Phnom Penh, au Cambodge. Soudain, des étrangers m’ont accosté ; ils ont fait cercle autour de moi, m’ont enlevé et jeté dans un véhicule qui attendait à proximité. Ils m’ont menotté, puis l’homme assis à côté de moi m’a saisi à la gorge et a serré si fort que je n’ai pas pu crier pour appeler à l’aide. Les hommes qui se trouvaient derrière moi se sont penchés en avant et m’ont frappé brutalement au visage et à la tête. Ils ont vidé mes poches et ont confisqué tout ce que j’avais, mon argent et ma carte de réfugié. Certains des hommes qui se trouvaient dans le véhicule étaient vietnamiens.

L’un des hommes m’a interrogé en vietnamien : « Avais-tu un visa pour venir ici ? » « J’ai répondu sans hésitation : Je suis réfugié politique. J’ai obtenu le statut de réfugié par le HCR (Haut Commissarait aux Réfugiés des Nations Unies). J’ai le droit de vivre au Cambodge sous la protection des Nations Unies. Je n’ai jamais enfreint de lois cambodgiennes, pourquoi m’avez-vous enlevé et me frappez-vous ainsi ? » Ils n’ont rien répondu et ont continué à me frapper impitoyablement. il m’est impossible de décrire la panique qui s’est alors emparée de moi. La voiture a roulé à peu près une demi-heure avant de s’arrêter devant un bâtiment. Ils m’ont fait monter dans une autre voiture et nous sommes repartis. Nous avons roulé jusqu’à un autre bâtiment près du rond-point qui se trouve au pied de Saigon Bridge, à Phnom Penh. Les hommes m’ont enfermé dans une salle de réunion dans laquelle était peint en grand l’insigne des services de sécurité cambodgiens. Je suis resté menotté toute la nuit ; personne n’est venu pour m’interroger, je n’ai donc pas eu l’occasion d’expliquer ma situation et n’ai pu contacter le HCR pour demander de l’aide.

Vers 4 heures du matin le lendemain, on m’a fait monter dans un véhicule qui m’a conduit au point de passage de Moc Bai, dans le district de Ben Cau, province de Tay Ninh. Des responsables vietnamiens des services de sécurité attendaient du côté vietnamien de la frontière. Je les ai vus échanger une poignée de main avec les responsables cambodgiens des services de sécurité, leur sourire et parler avec eux. Après cela, j’ai été emmené au centre de détention B34/A24 des services de sécurité (à Ho Chi Minh-Ville). Le ministère de la Sécurité publique a délivré un mandat d’arrestation temporaire et m’a inculpé. Le 12 mars 2004, le tribunal populaire d’Ho Chi Minh-Ville m’a condamné à vingt mois de prison. J’ai été remis en liberté après avoir purgé ma peine le 26 mars 2004.

Sans votre aide, nous ne pouvons rien. Faites un don. Maintenant!

Répondre à cet article

Focus

e-Boutique

A l'agenda

Thich Tri Luc, un moine désormais en sécurité !

« mai 2012 »
L M M J V S D
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
 

Pays par pays