Arrêté le 23 février 2003 il était alors âgé de trente-deux ans. Il avait été battu en garde à vue, avant d’être transféré à la prison de Sednaya. Il avait été accusé de « propagation de nouvelles fausses et exagérées en Syrie, qui sapent le moral de la nation », aux termes de l’article 286 du Code pénal. Il est inculpé pour avoir envoyé par Internet des articles provenant principalement du site Akhbar al Sharq (www.thisissyria.net). Le contenu d’Akhbar al Sharq est considéré par les autorités syriennes comme « nuisible à la réputation et à la sécurité de la nation », et « rempli d’idées et d’opinions opposées au système de gouvernement de la Syrie ».
L’équipe travaillant sur la Syrie à Londres est finalement parvenue à entrer en contact avec Abdel Rahman al Shaghouri en janvier. Voici son message :
« Je suis heureux d’apprendre que l’organisation qui m’a défendu s’intéresse encore à ce qui m’arrive, même après ma libération. Il est de mon devoir de saluer les efforts fournis par tous ceux qui ont agi, dans le monde entier, afin d’attirer l’attention sur différentes affaires, la mienne en particulier, et de faire connaître la vérité. J’ai été témoin de ces efforts un après-midi [alors qu’il se trouvait en détention] : j’écoutais la BBC (en prison, on écoute en général presque tous les bulletins d’information) et si je me souviens bien, c’était l’émission The talk of the hour. Le sujet abordé était la Syrie et le statut des prisonniers. L’un des invités a dit : “Il n’y a pas de prisonniers d’opinion en Syrie.” À ce moment-là, je me suis demandé comment il réagirait si quelqu’un portait mon cas à sa connaissance. C’est alors que j’ai entendu [l’attachée de presse d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord] lui demander : “Et Abdel Rahman al Shaghouri alors ?” L’invité lui a répondu qu’il ne connaissait pas bien mon cas.
« J’ai ressenti la même chose en écoutant l’émission Point of discussion, dans laquelle le sujet a été traité avec rigueur et clarté. Merci à tous ceux qui y ont participé. « Tout cela renforce ma volonté de continuer à agir avec ceux qui m’ont aidé, et à tout le moins, de les remercier pour ce qu’ils ont accompli, pas uniquement pour moi mais aussi pour tous ceux qui sont « perdus » ; qu’ils sachent tous ma gratitude pour les efforts déployés en ma faveur. « De mon point de vue, continuer à agir revient à utiliser [un droit] que j’ai payé cher et d’avance. « Par ailleurs, je suis partant pour communiquer avec tous ceux qui le souhaitent. « Je voudrais remercier encore une fois tous ceux qui ont participé à l’action en ma faveur, et soutenu ma cause, au nom de laquelle j’ai perdu ma liberté pendant quelque temps.
« Abud »




