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Akbar Ganji a été libéré en mars 2006, après avoir passé six ans en prison, dont une bonne partie à l’isolement. Depuis, il prend la parole pour dénoncer les violations des droits fondamentaux en Iran et il a passé ces quatre dernières semaines à sillonner l’Europe afin de rencontrer des groupes de défense des droits humains et de leur demander de continuer à soutenir les gens comme lui en Iran. Il a reçu le prix Martin Ennals 2006 pour son travail en faveur des droits universels de la personne.
Akbar Ganji a été arrêté en 2000 pour avoir assisté à une conférence culturelle à Berlin (Allemagne). Jugé et condamné, il a passé plus d’un an en prison. Il a de nouveau été jugé, en 2001, pour avoir mis en cause, dans un certain nombre d’articles (réunis par la suite sous forme d’ouvrage), de hauts responsables iraniens dans les « meurtres en série » dont ont été victimes, en 1998, plusieurs militants politiques de premier plan. Inculpé pour avoir « rassemblé des documents officiels confidentiels en vue de porter atteinte à la sécurité de l’État » et pour « propagande », il a été condamné et emprisonné. En 2005, il a mené une grève de la faim durant plus de soixante-dix jours. « Quand on vous prive de tous vos droits, quand on veut détruire votre personnalité et tuer votre humanité, [parfois] c’est le seul moyen qui vous reste pour résister », explique-t-il.
Bien qu’il ait recouvré la liberté, Akbar Ganji s’est vu interdire la publication de tout autre article ou ouvrage en Iran. Mais il considère qu’il s’agit d’un « détail » vu l’ampleur de la répression qui s’abat sur la liberté d’expression : « Ces huit dernières années, 100 journaux et revues ont été fermés. Des dizaines de journalistes ont été condamnés et emprisonnés. » Si certains journaux continuent de paraître, c’est uniquement parce qu’ils s’autocensurent. La censure frappe non seulement les médias d’information mais aussi les livres. Akbar Ganji a un rire désabusé lorsqu’il raconte jusqu’où les censeurs sont prêts à aller pour modifier un texte. Il cite l’exemple des romans, où il est interdit de parler de petit(e)s ami(e)s : « Ils modifient les liens entre les personnes, en font une relation entre un frère et une soeur, et à la fin du livre, le frère et la soeur partent en lune de miel ! »
Plaisanterie mise à part, cette censure signifie que l’auteur doit trouver d’autres moyens de communication pour faire passer son message. L’une des seules autres solutions, d’après Akbar Ganji, c’est Internet, mais là encore, le chemin est semé d’embûches. De nombreux militants et journalistes expriment ainsi leurs opinions sur des blogs, avec des conséquences parfois dramatiques certains ont été emprisonnés et torturés. « Tous les sites sont filtrés et bloqués par le régime iranien, déclare Akbar Ganji. Notre combat pour les droits humains doit [aussi] porter là-dessus : la mise en place et la suppression de filtres. »





