Les personnes astreintes à la « rééducation par le travail » n’ont pas le droit de consulter un avocat, elles ne sont pas déférées devant un tribunal et la police détermine généralement seule la durée de leur « peine ». Le maintien dans un établissement de « rééducation par le travail » peut durer jusqu’à quatre ans. Durant cette période, les personnes courent de grands risques d’être battues ou torturées, en particulier si elles refusent de reconnaître leur « crime ».
Amnesty International continue de mener campagne pour protéger les droits de Mao Hengfeng et de son mari et pour obtenir l’ouverture d’une enquête sur les allégations selon lesquelles ils auraient été soumis à des tortures et à d’autres mauvais traitements.
Après sa libération, Mao Hengfeng a pu raconter en détail la manière dont elle a été traitée en détention. Le 9 août 2004, elle a reçu de nombreux coups de genou dans l’aine, qui lui ont provoqué une incontinence temporaire. Du 9 au 16 août et du 9 au 11 novembre 2004, Mao Hengfeng affirme avoir été placée sur un « lit » métallique auquel on lui a solidement attaché les poignets et les chevilles, aux quatre coins, avec des lanières de cuir. Il lui était interdit d’aller aux toilettes, en outre, elle a été forcée à boire un liquide qui lui provoquait des étourdissements. Mao Hengfeng a précisé qu’elle avait le dos couvert d’ulcères des suites de ce traitement.
Le jour de sa remise en liberté, des responsables du camp de « rééducation par le travail » auraient averti Mao Hengfeng qu’elle s’exposait à de « graves conséquences » si elle ne cessait pas de protester. Comme elle refusait de s’arrêter, les fonctionnaires auraient obligé 12 autres détenus du camp à lui attacher les mains, les bras et les jambes. Elle a ensuite été jetée dans une camionnette et conduite hors du camp.
Par la suite, Mao Hengfeng a continué de protester avec son mari. Le 13 septembre, vers 9 heures, le couple a rejoint un groupe de plus d’une centaine de manifestants rassemblés devant le tribunal du district de Putuo, à Shanghai, afin de soutenir Xu Zhengqing. Celui-ci était poursuivi pour avoir tenté de participer à une cérémonie organisée à Pékin à la mémoire de Zhao Ziyang, ancien secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC). Wu Xuewei affirme avoir été violemment battu par des policiers postés devant le tribunal : l’un d’eux lui aurait enserré la tête, tandis que plusieurs autres l’auraient roué de coups de pied et de coups de poing sur tout le corps.
Wu Xuewei et Mao Hengfeng ont ensuite été arrêtés par la police et conduits dans un centre sportif voisin avec une dizaine d’autres manifestants. Mao Hengfeng a réussi à s’échapper et a continué de manifester en faveur de Xu Zhengqing. Elle a toutefois été appréhendée et ramenée dans son district de résidence. La police locale et d’autres fonctionnaires auraient menacé de l’emprisonner si elle continuait de manifester ; ils l’ont formellement convoquée aux fins d’enquête pour « atteinte à la paix publique ».
Wu Xuewei a été relâché dans la journée, de même que les personnes arrêtées en même temps que lui. Il a cependant été interpellé une nouvelle fois le 15 septembre à minuit. D’après un document que lui a présenté la police, il est soupçonné de « réunion illégale », une infraction pénale, après avoir manifesté, le 8 septembre 2005, en faveur de la libération de Mao Hengfeng. Wu Xuewei a été libéré sous caution pour une période de six mois en attendant d’être jugé.
Mao Hengfeng et ses proches auraient été assignés à domicile du 23 au 27 septembre, après qu’elle eut fait part de son intention d’aller protester contre ces atteintes au bureau des Nations unies à Pékin. Sept policiers auraient été postés devant son appartement, l’empêchant de sortir sous aucun prétexte.




