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Isavelives.be - Yemen

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  • Action : Yémen, stop aux discriminations que connaissent les femmes

    Au début de l’année 2011, le gouvernement yéménite proposait des réformes constitutionnelles qui devaient permettre au président Ali Abdullah Saleh de garder indéfiniment le pouvoir, puis de le transmettre à ses fils. Cette proposition a déchaîné presque immédiatement des protestations. Très vite, d'autres manifestations ont eu lieu à la suite de l'arrestation de Tawakkol Karman, présidente de l'ONG « Femmes journalistes sans chaînes », et se sont heurtées à une réponse violente des forces de sécurité. Un mouvement massif de contestation a alors vu le jour.

    Depuis, le président Saleh a signé un accord sur la transmission des pouvoirs habilitant le vice-président à désigner un nouveau Premier ministre à la tête d'un « gouvernement de réconciliation nationale » et à organiser des élections présidentielles. Un gouvernement provisoire – un Premier ministre venu de l'opposition et un gouvernement national constitué de 10 représentants du parti au pouvoir et de l'opposition – est aujourd’hui en place pour une durée de 2 ans. En contrepartie, une loi a été votée accordant au président Saleh une immunité totale de poursuites, et à toutes les personnes qui ont travaillé sous sa direction durant ses 33 années au pouvoir une immunité de poursuites pénales dans les « cas motivés par des considérations politiques ».

    Les manifestations continuent aujourd’hui pour dénoncer cette loi et demander que le président Saleh et ses subordonnés soient traduits en justice pour les violations des droits humains commises. Amnesty International a demandé aux autorités yéménites d'abroger cette loi qui bafoue les obligations du Yémen selon le droit international.



    Comme en témoigne le prix Nobel de la paix reçu en 2011 par Tawakkol Karman, militante de premier plan du mouvement en faveur de la réforme, les femmes ont joué un rôle central dans les soulèvements dans la région. Nombre d’entre elles ont été harcelées, arrêtées et parfois frappées pour avoir participé au mouvement de contestation. Certaines ont également été menacées par l'intermédiaire de leur famille, leurs proches de sexe masculin étant sommés de les contrôler et de calmer leurs ardeurs militantes.

    Alors que le Yémen entre dans une période de transition, il est nécessaire de s'attaquer aux violations bien établies des droits des femmes dans le pays. Les femmes y sont systématiquement victimes d'actes de discrimination et de violences, autant de pratiques qui ont des conséquences dévastatrices sur leur vies. Si leurs droits sont régulièrement bafoués, c'est que la législation yéménite et les pratiques tribales et coutumières traitent les femmes comme des citoyens de seconde zone.

    La discrimination envers les femmes inscrite dans la législation yéménite trouve son expression dans la loi sur la famille, dans l'exercice de l'autorité masculine, dans l'absence de respect envers l'intégrité personnelle des femmes. Au Yémen, les femmes ne sont pas libres de choisir leur époux et certaines sont encore des enfants, parfois âgées de huit ans seulement, lorsqu'on les contraint à se marier. Une fois mariée, une femme doit obéir à son époux et obtenir son autorisation pour sortir de la maison. Devant un juge, le témoignage d'une femme vaut par ailleurs deux fois moins que celui d'un homme ; l'indemnité perçue par la famille d'une victime de meurtre varie du simple au double selon qu'il s'agit du meurtre d'une femme ou d'un homme. L'égalité de traitement n'est pas assurée en matière d'héritage, les femmes se voyant souvent spoliées de tout droit à la succession. Les femmes accusées d'actes « immoraux » sont sanctionnées plus sévèrement que les hommes, et ces derniers ont droit à l'indulgence lorsqu'ils tuent des femmes de leur famille pour des questions d'« honneur ». Ces lois et pratiques discriminatoires encouragent et favorisent les violences contre les femmes, qui sont monnaie courante au sein des familles et dans l'ensemble de la société. Il n'existe au Yémen aucune loi spécifique qui protège les femmes contre la violence.

    Les femmes yéménites ont participé à la création d'une société civile dynamique et, bien que certaines ONG de femmes aient rencontré un certain succès dans le cadre des actions menées en faveur de réformes, il est urgent d’aller plus loin. Des ONG locales et la Commission nationale des femmes ont mis en évidence dans la législation yéménite 27 dispositions discriminatoires qu'il faut modifier pour que le Yémen se conforme à ses obligations internationales.

    Demandez aux autorités yéménites de consulter les femmes et de travailler avec elles en vue de mettre fin à la violence et aux lois et pratiques discriminatoires envers les femmes. Le gouvernement yéménite doit annoncer son intention de revoir les dispositions discriminatoires dans le droit, en consultation avec des groupes travaillant sur le droit des femmes.

  • Action urgente (bonne nouvelle): Yemen. Hassan Baoom libéré

    Informations complémentaires sur l’AU 247/10, MDE 31/004/2012, 8 février 2012

    Hassan Baoom a été relâché sans inculpation le 7 décembre 2011, de même que son fils Fawaz Baoom ; cet homme dirige un groupe politique de l'opposition dans le sud du Yémen. Tous deux étaient en détention au secret depuis le 20 février 2011.

    Hassan Baoom, âgé de plus de 70 ans, a été arrêté le 20 février 2011, de même que son fils Fawaz Baoom, par les forces de sécurité dans un hôpital d’Aden. Il y avait été admis pour une fracture de la jambe. Cet homme est un dirigeant du Mouvement du sud et le président d’une faction appelée Conseil suprême national pour la libération du sud. Selon la presse locale, il avait récemment appelé à une « journée de colère » contre le gouvernement yéménite dans les provinces du sud.

    Il a été libéré le 7 décembre 2011, au bout de près de 10 mois en détention au secret. Les autorités semblent néanmoins avoir restreint sa liberté de mouvement ; ainsi, il ne peut pas se rendre à Aden, où il était basé. Après sa remise en liberté, il a vécu dans une chambre d'hôtel à Sanaa jusqu'au 17 janvier 2012, date à laquelle il a été autorisé à entrer à l'hôpital Roi Faisal, à Riyadh, afin de se faire opérer de la jambe.

    Hassan Baoom avait déjà été arrêté le 9 novembre 2010 alors qu’il se rendait en voiture d’Aden à Al Dali, dans le sud du Yémen. Il avait été relâché en janvier 2011 après avoir été détenu au secret pendant une partie de son incarcération. Avant cela, cet homme avait été emprisonné pendant deux mois en 2007 et six mois en 2008 à la suite de manifestations organisées par des militaires à la retraite originaires du sud du Yémen pour protester contre la discrimination qu’ils ressentaient en matière d’emploi, de salaires et de pensions.

    Depuis 2007, des mouvements de protestation ont lieu à Aden et dans d’autres régions du sud du Yémen, non seulement contre ce qui est perçu comme de la discrimination de la part du gouvernement à l’égard de la population du sud mais également, de plus en plus souvent, en faveur de la sécession de cette région. Cependant, à la suite de manifestations organisées début 2011 dans la capitale yéménite et dans d'autres villes du pays pour réclamer la démission du président, des manifestants d'Aden ont également commencé à appeler à un changement de régime.

    Aucune action complémentaire n’est requise de la part du réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

    Ceci est la seconde mise à jour de l’AU 247/10. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE31/005/2011/fr.

    Nom : Hassan Baoom

    Genre : homme

    Informations complémentaires sur l’AU 247/10, MDE 31/004/2012, 8 février 2012

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