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Isavelives - Bosnie-Herzégovine

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  • Action : Bosnie-Herzégovine, les autorités doivent permettre aux victimes de viols commis pendant la guerre d'obtenir réparation

    Durant la guerre qu'a connue la Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995, des milliers de femmes et de filles ont été violées, la plupart du temps avec une extrême brutalité. Les témoignages qu'elles ont apportés à la fin de la guerre ont suscité une attention considérable dans les médias, provoqué l'indignation du public et abouti à la modification du droit international. Cependant, depuis lors, les autorités n'ont pas fait grand-chose pour les victimes.

    En 2009, Amnesty International s'est rendue en Bosnie-Herzégovine pour parler avec les victimes de crimes de guerre à caractère sexuel de leurs besoins, de leurs problèmes et de leur expérience du système judiciaire. Les conclusions de cette visite étaient claires : les autorités ne permettent pas aux victimes d'obtenir justice et réparation.

    Les victimes continuent de souffrir de traumatismes et d'autres problèmes psychologiques et physiques liés aux viols et aux autres formes de torture qu'elles ont subis pendant la guerre. Nombre d'entre elles ne peuvent pas se payer de médicaments même lorsque ceux-ci sont prescrits par un médecin. Beaucoup sont sans emploi et vivent dans la pauvreté. Les services d'aide sociale et financière destinés aux victimes ne sont généralement pas disponibles.




    De plus, les responsables de leurs souffrances, qu'ils soient membres des forces armées, de la police ou de groupes paramilitaires, restent impunis. Certains occupent toujours des postes importants et vivent à proximité de leurs victimes.

    Les femmes qui ont subi des violences sexuelles veulent que les autorités reconnaissent leurs droits en tant que victimes de crimes de guerre. Au lieu de cela, elles se retrouvent encore marginalisées et délaissées. Elles font l'objet de discriminations quant aux prestations sociales et aux autres aides mises à leur disposition par rapport aux anciens combattants, qui bénéficient de soins médicaux, de pensions généreuses et d'autres prestations sociales.

    Contrairement à ces derniers, qui ont créé des associations puissantes et actives, elles sont moins enclines à revendiquer publiquement leurs droits. Elles craignent la réprobation sociale liée au viol et elles disent rarement, même à leurs proches, ce qui leur est arrivé au cours de la guerre.

    Cette année, les autorités de Bosnie-Herzégovine ont enfin pris position contre la marginalisation des victimes de viols commis pendant la guerre. À la suite d'intenses pressions internationales, notamment de la part d'Amnesty International, un certain nombre d'évolutions d'ordre politique et juridique ont été introduites par le gouvernement afin que les victimes de crimes de guerre à caractère sexuel puissent obtenir justice et réparation.

    En juillet, le ministère des Droits humains et celui de la Justice ont annoncé que le gouvernement modifierait les lois concernées et établirait une stratégie nationale visant à améliorer la situation des victimes de crimes de guerre à caractère sexuel. Il est essentiel que le nouveau gouvernement formé après les élections d'octobre poursuive réellement le travail positif engagé par ses prédécesseurs en réponse aux besoins des victimes.

  • Lettre du mois : Bosnie-Herzégovine, meurtre d’un prêtre et de sa famille

    2 septembre 2009, par Benoit Priem — Bosnie-Herzégovine, Les lettres du mois, Par modèle de lettre, Cloturé

    Tomislav Matanović, Croate, prêtre catholique de Prijedor (Bosnie-Herzégovine), a été arrêté par la police locale le 24 août 1995. Il a passé la nuit dans un poste de police, puis a été ramené chez ses parents le lendemain. Il a été assigné à résidence avec son père Josip et sa mère Božena. Tous trois sont restés en détention sous la garde de policiers jusqu’au 19 septembre, date à laquelle ils ont été conduits au poste de police d’Urije. Ils ont ensuite fait l’objet d’une disparition forcée. [ Lire la suite » ]

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