Le 18 décembre dernier, à Copenhague, la 15e « Conférence des Parties » (COP15) de la Convention-cadre des Nations unies sur les Changements climatiques s’est terminée sans que ses participants ne soient parvenus à l’accord juste, ambitieux et légalement contraignant que des millions de citoyens de la planète attendaient. Les quelque 120 chefs d’État réunis à Copenhague n’ont pas réussi à résoudre les problèmes empêchant de parvenir à un accord équitable, laissant les habitants les plus démunis et les plus vulnérables de la planète confrontés au risque grandissant de perdre leur toit, leur santé et leur mode de subsistance en raison du réchauffement climatique, toutes préoccupations au cœur de la campagne « Exigeons la Dignité » lancée par Amnesty en 2009. Malgré la déception causée par l’issue de la COP15, l’espoir demeure. Un mouvement impliquant des millions de personnes dans des centaines de pays a pris son essor dans le monde, les sociétés civiles ayant agi conjointement sur ce thème comme rarement auparavant. Ainsi, plus de 250 organisations, dont Amnesty International, se sont rassemblées au sein d’une alliance sans précédent sous la bannière TckTckTck de la Global Campaign for Climate Action.
Cependant, sous l’angle de la défense des droits humains, la lutte contre le réchauffement climatique va être de plus en plus confrontée à un cruel dilemme. Ainsi, un débat oppose schématiquement deux modes de pensée et d’action. Certains estiment que l’urgence planétaire est telle qu’elle n’autorise plus le « luxe » de la discussion démocratique et nécessite l’imposition de solutions par la contrainte. À l’inverse, d’autres craignent qu’une telle radicalité ne mette entre parenthèses la démocratie, voire la fasse passer de vie à trépas. Autrement dit, l’urgence évidente est à l’adoption de mesures économiques et technologiques courageuses contre un réchauffement climatique qui menace les droits humains que sont nos droits économiques, sociaux et culturels, tant individuels que collectifs. Mais, il faudra à l’avenir rester vigilant quant au risque que des autorités politiques, même (voire surtout) animées de bonnes intentions, soient un jour tentées de restreindre tout ou partie de nos libertés individuelles et fondamentales, au nom de l’imminence de la menace climatique, tandis que d’autres y trouveront une nouvelle justification à leur refus obstiné de toute démocratisation. À cet égard, les errements législatifs et éthiques de la « guerre contre le terrorisme » menée durant la décennie qui vient de s’écouler constituent un précédent qui devrait nous faire méditer. À l’avenir.
Pascal Fenaux





