Le 17 novembre, Amnesty International rendait public un rapport sur les atteintes aux droits économiques, sociaux et culturels des habitants du bidonville de Duwayqa, dans le quartier cairote de Manshiyet Nasser. Intitulé Egypt : Buried Alive. Trapped by Poverty and Neglect in Cairo’s Informal Settlements (Index AI : MDE 12/009/2009), ce rapport critique les autorités égyptiennes pour n’avoir pas pris de mesures efficaces pour protéger les habitants de Duwayqa contre les éboulements mortels du 6 septembre 2008. Alors que les risques d’éboulements étaient bien connus avant la catastrophe de 2008, le gouvernement n’avait pas évacué la population des zones dangereuses. Selon les pouvoirs publics, l’éboulement qui a touché Duwayqa l’année dernière a fait 107 morts et 58 blessés, mais des survivants ont indiqué que le nombre de victimes était beaucoup plus élevé et que des membres de leur famille n’avaient toujours pas été retrouvés. Une enquête a été ouverte par les autorités sur ce drame, mais on n’en connaît toujours pas les résultats.
Pendant ce temps, de nombreux habitants de Duwayqa et d’autres « secteurs dangereux » vivant sur des flancs de colline peu sûrs ou sous des lignes à haute tension vivent toujours dans la peur car ils n’ont nulle part où aller. Ils sont privés de la possibilité de faire entendre leur voix et ceux qui sont au pouvoir ne se préoccupent pas de leur situation. », Pour Amnesty International, les autorités égyptiennes doivent enquêter sérieusement sur les causes de la catastrophe de Duwayqa et prendre les mesures nécessaires pour que cette tragédie ne se reproduise pas.
Or, on est loin du compte. Après le terrible éboulement de septembre 2008, les autorités égyptiennes ont certes rapidement pris des mesures pour repérer les autres zones dangereuses dans les environs, mais elles ont démoli plus d’un millier d’habitations menacées et, en l’espace d’un mois, relogé plus de 1750 familles sans leur reconnaître aucun droit sur leur nouveau logement, ce qui les expose au risque d’une future expulsion. D’autres familles se sont retrouvées à la rue et des femmes divorcées ou vivant séparées de leur mari ont subi une discrimination en ce qui concerne l’attribution d’un logement. Enfin, certaines familles ont été expulsées de force de Duwayqa et d’autres d’Establ Antar, un quartier informel du sud du Caire. Ces expulsions ont pour la plupart été menées sans que soient respectées les garanties de procédure prévues par le droit international relatif aux droits humains, et souvent avec un court préavis et avec l’appui des forces de sécurité. Cette situation est d’autant plus intolérable qu’elle prévaut dans d’autres quartiers informels et paupérisés de la mégapole du Caire.
P.F.
POUR AGIR :
http://www.amnesty.org/fr/appeals-for-action/call-governor-cairo-protect-residents-unsafe-areas




