SAHARA OCCIDENTAL – DÉFENSEUSE EXPULSÉE
Aminatou Haidar, présidente du Collectif des Défenseurs sahraouis des Droits de l’Homme, a été interpellée à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune le 13 novembre 2009. Elle revenait d’un séjour d’un mois à l’étranger, au cours duquel un prestigieux prix des droits humains lui avait été décerné aux États-Unis. Les fonctionnaires se sont montrés irrités qu’elle inscrive sur sa carte de débarquement « Sahara occidental » comme lieu de résidence au lieu de « Sahara marocain ». Le lendemain, après l’avoir dépouillée de ses papiers d’identité, les autorités ont déclaré qu’elle serait libérée si elle acceptait de reconnaître publiquement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Elle a refusé et, quelques heures plus tard, les responsables de la sécurité l’ont fait monter dans un vol à destination de Lanzarote, dans les Îles Canaries et l’ont expulsée du Sahara occidental.
SINGAPOUR – LIBERTÉ DE PRESSE MENACÉE
Le 18 novembre 2009, la Far Eastern Economic Review (FEER), rattachée au groupe Dow Jones, et son rédacteur en chef Hugo Restall ont accepté de payer l’amende de 195600 euros à laquelle les a condamnés la Cour d’Appel de Singapour pour diffamation présumée. Ce magazine réputé avait publié un article accusant de corruption le Premier ministre, Lee Hsien Loong, et son père, Lee Kuan Yew, ancien Premier ministre. La Cour d’Appel estime que « la liberté d’expression garantie par la Constitution à Singapour est conférée aux seuls citoyens singapouriens » et que Singapour ne reconnaît pas à la presse de fonction particulière de « gendarme ». Amnesty International a demandé au Parlement singapourien d’adopter une nouvelle loi pour protéger la liberté d’expression.
AUSTRALIE – DISCRIMINATION RACIALE
En 2007, le gouvernement australien avait lancé une action dans les communautés aborigènes du Territoire du Nord. Afin de promulguer les dispositions relatives à l’action d’urgence dans ce territoire, il y avait suspendu la Loi sur la discrimination raciale et la législation contre la discrimination. Amnesty vient de s’insurger officiellement du fait que, deux ans après l’arrivée du nouveau gouvernement, plus de 45000 Aborigènes font toujours l’objet de mesures de discrimination raciale (notamment la mise en quarantaine obligatoire et générale des prestations de sécurité sociale dans 73 communautés).
SUISSE – DISCRIMINATION RELIGIEUSE
Lors d’une votation (consultation populaire) organisée le 29 novembre, les électeurs de la Confédération suisse ont décidé d’intégrer dans la Constitution fédérale l’interdiction d’ériger des minarets. Pour Amnesty, cette interdiction, dont l’entrée en vigueur est immédiate, viole la liberté de religion des musulmans qui vivent dans le pays et l’obligation d’interdire toute forme de discrimination religieuse, obligation énoncée dans plusieurs pactes internationaux dont la Suisse est signataire.




