« La guerre la plus brutale qu’Israël ait jamais entreprise ». C’est ce qu’écrivait le 20 janvier 2009 le quotidien hébreu Ha’Aretz au lendemain de l’opération Plomb durci menée par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, un territoire palestinien administré par le Hamas. D’où viennent ces armes qui offrent à l’État hébreu son écrasante supériorité militaire ? Pourquoi un tel recours à la force ? Qu’en est-il du respect des lois de la guerre ? Dans l’ouvrage collectif Qui arme Israël et le Hamas ?, des chercheurs belges et français passent en revue les questions humanitaires et militaires posées par ce violent effort de guerre, et tout particulièrement la problématique des transferts d’armements vers Israël. Le livre évoque également les armes du Hamas, certes artisanales pour la plupart, mais dont l’utilisation indiscriminée contre des populations civiles israéliennes est à la fois condamnable et contreproductive. Dans une étude extrêmement fouillée, le livre explore ensuite les origines de ce que l’on peut nommer la « violence d’État » israélienne. Et d’expliquer qu’une certaine culture de la forteresse assiégée a fini par produire une société convaincue de sa vulnérabilité face à un environnement hostile et donc du bien-fondé de ses guerres. Viennent enfin plusieurs rapports d’ONG internationales (Amnesty International, Human Rights Watch, CICR), lesquelles jugent sévèrement tant les pratiques de l’armée israélienne que celles du Hamas, jugements corroborés depuis par le rapport remis par le juge Richard Goldstone au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
Pierre Delagrange
Patrice Bouveret, Pascal Fenaux, Caroline Pailhe et Cédric Poitevin, Qui arme Israël et le Hamas ?, co-édition GRIP, Observatoire des Armements et Amnesty International, 136 p, 9,90 e





