
- Un jeune homme souffrant de la cataracte face à un plan d’eau contaminée. Les cas de cataracte précoce sont courants depuis la catastrophe de 1984. Bhopal, janvier 2007. © Andy Spyra
Le 2 décembre 1984, peu avant minuit, une fuite de 40 tonnes d’acide cyanhydrique dans l’atmosphère de cette ville de l’Inde s’était produite dans l’usine de pesticides de la société Union Carbide à Bhopal, dans le centre de l’Inde. Près d’un demi million de personnes y avaient été exposées. Au total, ce sont entre 7 000 et 10 000 personnes qui sont mortes peu après l’accident et 15 000 autres au cours des vingt années qui ont suivi.
Un quart de siècle s’est depuis écoulé, mais le site de l’usine n’a toujours pas été décontaminé. Plus de 100 000 personnes continuent de souffrir de problèmes de santé. Les mesures qui ont été prises pour venir en aide aux victimes – soins médicaux et initiatives visant à faire face aux conséquences socio-économiques de la fuite de produits chimiques – ont été très insuffisantes par rapport aux besoins.
Un grand nombre de personnes touchées par cette catastrophe attendent toujours une réparation convenable tandis que la fuite et ses répercussions n’ont toujours pas fait l’objet d’enquêtes exhaustives. Personne n’a jamais eu à répondre de ce qui est arrivé à Bhopal, et les initiatives prises par des associations de victimes pour obtenir justice et réparation par le biais des tribunaux indiens et américains n’ont toujours pas abouti.
Quatre ans après la catastrophe, le gouvernement indien et Union Carbide étaient certes parvenus à un règlement à l’amiable prévoyant une indemnisation de 470 millions de dollars des États-Unis (quelque 350 millions d’euros au taux moyen). La Cour suprême avait confirmé l’arrangement bien que les victimes, des groupes de la société civile et d’autres personnes eurent considéré le montant insuffisant. Et pourtant, malgré cela, les survivants qui ont essayé de toucher ces indemnisations se sont heurtés à de nombreux d’obstacles comme la corruption, de longs délais de versement et le refus d’accès à des mécanismes appropriés d’appel.
Le gouvernement indien néglige depuis 25 ans ses devoirs à l’égard de la population de Bhopal. Les diverses promesses qui ont été faites n’ont pas été respectées et aucune mesure satisfaisante n’a jamais été prise pour faire face aux répercussions de la fuite de gaz toxique. Alors que les habitants de Bhopal doivent lutter pour pouvoir avoir accès ne serait-ce qu’à de l’eau salubre, les entreprises impliquées se sont soustraites à leurs responsabilités et ont entravé les démarches entreprises par les victimes pour obtenir réparation.
Le 2 décembre 2009, les habitants de Bhopal marqueront le 25e anniversaire de cette catastrophe. Amnesty International se joindra à eux pour attirer l’attention sur les graves conséquences que cette fuite, qui remonte à 1984, continue d’avoir en termes de droits humains. Amnesty International accueillera le « Bhopal Bus », un autobus qui sillonne l’Europe et qui, en Belgique, après avoir fait escale le 30 novembre à l’UGent (Université de Gand), s’arrêtera le 1er décembre à l’ULB (Université libre de Bruxelles), à l’avenue Paul Héger, sur le campus du Solbosch.
LE 2 DÉCEMBRE 2009 : MANIFESTATION
BHOPAL – METTRE FIN À 25 ANS D’INJUSTICE
Quand ? De 12h30 à 13h30.
Où ? Devant les bureaux de Dow Chemicals, avenue de Cortenbergh 52, 1000 Bruxelles (à deux pas de la Grande Mosquée du Cinquantenaire et à 150 mètres du rondpoint Schumann).
Que faire ? Venir avec une bouteille non étiquetée d’eau sale, pour symboliser la contamination toujours actuelle du site de Bhopal. Les masques seront fournis.
Comment s’informer sur cette action ?
http://www.amnesty.be/bhopal ou ppeebles aibf.be




