On est au milieu de nulle part. En Ardèche, mais ce pourrait être en Arizona. Comme dans un western, un jeune homme qui sort de prison retrouve la ville qu’il a quitté quelques années plus tôt maintenant dépeuplée. La ville fantôme est ici une cité ouvrière dont les machines de l’usine nourricière se sont tues. Quelques habitants sont restés, par attachement, par habitude. Français de souche, immigrés de deuxième ou troisième génération, ils regardent sans trop réagir un monde qui se transforme. Et ils attendent. Francis, l’ancien contremaître, continue à bichonner les gigantesques machines désormais inutiles. Assis dans la rue, le jeune José attend le retour de son père volage, en rêvant de le voir apparaître sur sa monture, tel Gary Cooper. Samir, l’ex-taulard, ne veut pas attendre, mais les opportunités sont plutôt réduites. À part un boulot au supermarché local, sapé en souris pour la semaine du fromage, il n’y a pas grand-chose. Avec un vrai regard de cinéaste, Nassim Amaouche réussit un premier film léger et mélancolique porté par la musique envoûtante des ouds du Trio Joubran. Il filme ses personnages avec distance et tendresse, sans lourdeur ni psychologie appuyée, comme s’ils étaient la composante humaine d’un décor filmé avec sensualité.
G.B.
Adieu Gary de Nassim Amaouche, sortie nationale le 14 octobre




