L’événement est suffisamment rare que pour être souligné : une bonne nouvelle est arrivée du Myanmar le 17 septembre dernier, quand la télévision d’État a annoncé la libération de 7 114 prisonniers, pour « raisons humanitaires ». L’Association d’Aide aux Prisonniers politiques birmans (AAPPB) [1] a dénombré 127 prisonniers politiques parmi ces personnes libérées. Quatre des 15 prisonniers d’opinion adoptés par Amnesty en font partie.
Cette amnistie n’est pas la première : l’AAPPB signale que depuis novembre 2004, 45 732 prisonniers ont été libérés au cours de six amnisties, dont à peine 1,3% sont des prisonniers politiques. Ce n’est sans doute pas un hasard si ces libérations ont eu lieu quelques jours avant l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU à laquelle devait participer le Premier ministre birman, le général Thein Sein. La junte espère aussi amadouer l’opinion publique mondiale, à un an des élections qu’elle organise en 2010 (voir ci-contre). La libération de 127 prisonniers politiques est une excellente nouvelle, mais elle ne peut faire oublier que plus de 2 000 autres prisonniers politiques sont toujours détenus au Myanmar, soit plus du double qu’au début de 2007. Depuis la fin 2008, des tribunaux siégeant à huis clos ou dans les prisons ont condamné à de lourdes peines plus de 300 militants (défenseurs des droits humains, artistes, militants syndicaux, journalistes, moines, nonnes, etc). Les opposants politiques de premier plan, comme Aung San Suu Kyi ou Min Ko Naing, demeurent en résidence surveillée ou en prison.
S. G.




