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Canada – Défendre une terre et un mode de vie

mardi 29 septembre 2009, par Pascal Fenaux

Au Canada, le gouvernement fédéral a hérité de la responsabilité des autochtones lors de l’indépendance du pays, tandis que leurs territoires et leurs ressources étaient octroyés aux provinces. Les communautés autochtones sont coincées entre ces deux paliers de gouvernement pour tous les aspects de leur vie. Dans le cadre de la campagne « Exigeons la dignité », Amnesty a lancé une action pour le Canada.

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Martina Mathias, membre de la Long Point First Nation et militante algonquine. Winneway, 2009. © Marc-André Pauzé

La Long Point First Nation (Kakinwawigak) – qui appartient à la nation algonquine de la province du Québec (Canada) – a été plusieurs fois arrachée à ses terres afin de laisser place à des activités industrielles. À chaque fois que l’eau inondait leurs terres et recouvrait les sépultures de leurs proches, les membres de cette communauté devaient faire face seuls au bouleversement de leur vie et déménager, avec peu – ou pas – de soutien de la part des autorités.

La majorité de la communauté est finalement venue s’établir sur une parcelle de terrain de 0,5 km2 à l’embouchure de la rivière Winneway. D’un point de vue juridique, la communauté de Winneway a reçu la qualification d’« établissement indien », une dénomination qui permet à ses membres de bénéficier des services fédéraux de base destinés aux autochtones, comme les soins médicaux, l’éducation et le logement. Les familles qui se sont installées ailleurs n’ont jamais obtenu de reconnaissance officielle et, par conséquent, ne reçoivent pas d’aide de la part des autorités fédérales ou provinciales, qui continuent à les considérer comme des « occupants illégaux ». La communauté subit actuellement des pressions croissantes de la part du gouvernement fédéral, qui voudrait qu’elle devienne une « réserve indienne » relevant de la Loi sur les Indiens. Le gouvernement fédéral a déclaré que, si la communauté ne donnait pas son accord, il ne serait plus en mesure de garantir l’octroi de subventions pour les infrastructures et le logement. Malgré ces pressions, la Long Point First Nation continue à défendre ses terres, sa culture et son mode de vie.

En 2004, la communauté de Long Point First Nation et d’autres communautés algonquines de la région se sont opposées à l’exploitation forestière d’une partie du territoire par la compagnie Domtar. En effet, le gouvernement québécois, sans consulter les communautés autochtones de la région, avait accordé la permission à Domtar d’opérer sur des terres ancestrales selon la communauté de Long Point First Nation. Craignant que les opérations de la papetière ne causent des dommages irréparables dans les zones de chasse et sur les lieux de sépultures, les communautés autochtones se sont mobilisées et ont bloqué l’accès à leurs terres aux travailleurs forestiers. Après plusieurs semaines de négociations sans succès entre les parties, les forces de l’ordre ont procédé à une trentaine d’arrestations. Des 28 manifestants arrêtés, 23 étaient des femmes, dont l’activiste Diane Polson. Au procès, ils ont toutes et tous été acquitté(e)s. La communauté demeure très inquiète quant à l’exploitation forestière sur ses terres ancestrales sans son avis ni consentement.

AI

POUR AGIR :
http://www.amnistie.ca/dignite/logement/agissez_winneway.php

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