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Une convention contre les disparitions

vendredi 4 septembre 2009

Les disparitions forcées sont une constante dans l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle. En 2006, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention internationale pour la Protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

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Un couple d’Algériens manifeste aux côtés d’autres familles de disparus, à Relizane, un des épicentres des massacres et des disparitions durant la « sale guerre » de 1992-2002. Relizane, novembre 2000.

Plus de soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les disparitions forcées continuent d’être pratiquées dans de trop nombreux pays, y compris sur le continent européen, comme outil répressif, afin de museler les dissidents et d’éliminer toute opposition politique, mais aussi pour persécuter des minorités ethniques, religieuses ou politiques. Ces dernières années, dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », les États-Unis ont ainsi procédé, parfois avec la complicité d’autres gouvernements, aux disparitions forcées. C’est dans ce contexte que l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 20 décembre 2006, la Convention internationale pour la Protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

La Journée internationale des Personnes disparues, qui a eu lieu le dimanche 30 août 2009, a pour but d’exiger que justice soit rendue aux victimes de disparitions forcées. Des gouvernements du monde entier ont recours aux disparitions forcées. En effet, il ne manque actuellement que 7 ratifications pour que la Convention entre en vigueur.Dans le cadre de la journée du 30 août, Amnesty lance des actions ciblées sur le Burundi, le Cap-Vert, le Costa Rica, le Liban, le Maroc, le Pakistan, le Paraguay, le Portugal, la Serbie et Timor Leste, pour qu’ils ratifient ladite Convention.

Un des cas les plus tristement emblématiques reste l’Algérie. En 1992, l’annulation des premières élections législatives multipartites (que le Front islamique du salut semblait devoir remporter) provoqua un conflit interne atrocement sanglant. L’état d’urgence fut déclaré, le FIS interdit et le président « démissionné ». Cherchant à revendiquer par la violence la victoire électorale du FIS, des groupes armés s’en prirent aux institutions publiques et commirent ensuite des atteintes généralisées aux droits humains : massacres de civils, enlèvements, viols et actes de torture. Les autorités algériennes jouèrent un rôle majeur dans l’escalade de la violence, les forces de sécurité et des milices armées par l’État faisant disparaître des milliers de personnes, des hommes pour la plupart, et se rendant responsables d’exécutions illégales, de détentions arbitraires et d’actes de torture à grande échelle.

Aujourd’hui, les forces de sécurité commettent toujours des violations des droits humains sans craindre de devoir rendre compte de leurs actes. Les mesures d’amnistie dont le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été le promoteur ont en outre été présentées comme une initiative positive en vue de « tourner la page » et de mettre fin à « la tragédie nationale ». Or, le fait que les victimes et leur famille soient empêchées d’obtenir vérité, justice et réparation signifie que les auteurs de violations graves des droits humains peuvent continuer à perpétrer de tels crimes sans crainte de sanctions, tandis que les défenseurs de ces familles sont harcelés par les autorités.

S’INFORMER :
Un legs d’impunité : une menace pour l’avenir de l’Algérie (Index AI : MDE 28/003/2009)

AGIR :
http://www.amnestyinternational.be/disparitions

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