Cette année, la sortie « classique » du rapport 2009 d’Amnesty sur la situation des droits humains dans 157 pays s’est greffée sur le lancement d’une nouvelle campagne au long cours, « Exigeons la dignité », déclinée en Belgique sous le leitmotiv « La misère est moderne » (voir notre dossier pages 5 à 9). La prestigieuse Salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Bruxelles a accueilli la conférence de presse organisée conjointement par Amnesty International Belgique francophone (AIBF), Amnesty International Vlaanderen (AIVL) et le Bureau européen d’Amnesty International (AIEU), représentés respectivement par Philippe Hensmans, Karen Moeskops et Natalia Alonso.
Le Rapport annuel épingle la Belgique pour des cas de violences policières, de mauvais traitements et d’attitudes racistes de la part de policiers envers des étrangers en situation irrégulière pendant la procédure d’éloignement. Si les détentions de mineurs en situation irrégulière sur le territoire sont montrées du doigt, on note néanmoins la mise en place en octobre 2008 d’une procédure-pilote censée éviter la détention en centre fermé de certaines familles en situation irrégulière. En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, l’affaire du procès du mouvement turc d’extrême-gauche DHKP-C (Devrimci Halk Kurtulu Partisi/Cephesi ou Parti/Front de Libération révolutionnaire du Peuple) est également abordée. Jugés actuellement par la Cour d’Appel de Bruxelles, six membres du DHKP-C (dont Bahar Kimyongür et Musa Asoglu) attendent le prononcé du délibéré, prévu pour le 14 juillet 2009.
En guise de tremplin à sa campagne « Exigeons la Dignité », le Rapport 2009 dénonce une crise des droits humains. « La bombe à retardement sociale, politique et économique sur laquelle nous sommes assis explosera si rien n’est fait pour s’attaquer aux problèmes relatifs aux droits humains. L’insécurité, l’injustice et l’avilissement sont aujourd’hui le lot de milliards d’êtres humains, et même si de nombreux aspects de cette crise ont pris naissance avant l’actuelle récession économique, la situation financière mondiale n’a fait que les aggraver. »
P.F.





