
- Un jeune Kenyan devant un ruisseau d’eau polluée qui traverse le quartier « Soweto » du bidonville de Kibera, le 9 mars 2009. © AI
La population mondiale des bidonvilles augmente à un rythme alarmant. Selon certaines projections, en 2030, deux milliards de personnes vivront dans ce type d’habitat. Les habitants des bidonvilles sont exposés à un niveau élevé d’insécurité : menace permanente des policiers et des gangs ; expulsion forcée ; exclusion des services de base comme l’accès à l’eau potable, la santé et l’éducation. Bien souvent, ils n’ont pas accès à la justice à cause de la discrimination et parce que le simple fait d’habiter un bidonville suffit à être considéré comme un délinquant.
Dans les processus et les décisions qui ont une incidence sur leur existence, les personnes vivant dans des bidonvilles ne peuvent généralement pas se faire entendre. Elles ne sont ni consultées, ni autorisées à participer aux prises de décisions concernant l’amélioration de leur habitat ou les solutions de relogement après des expulsions forcées.
Ce problème n’est pas propre aux pays en développement. On rencontre des cas similaires dans les villes européennes et dans leurs banlieues, dans les quartiers pauvres des États-Unis ou dans les réserves pour autochtones au Canada et en Australie.
Les femmes sont particulièrement vulnérables dans les bidonvilles. Au Brésil, elles sont confrontées à de grandes difficultés lorsqu’elles tentent de signaler des violences conjugales ou d’autre nature à la police. Dans les zones dépourvues d’installations sanitaires, elles doivent s’éloigner pour trouver un endroit isolé ou attendre la nuit pour pouvoir faire leurs besoins avec un minimum de discrétion, ce qui accroît le risque qu’elles soient victimes de violence sexuelle ou de harcèlement.
Bref, les bidonvilles sont un « concentré » de violations des droits humains. À cet égard, Amnesty va se focaliser sur les cas du Kenya, de l’Angola, du Nigeria, du Caire, du Brésil et des États-Unis.
Amnesty mènera des actions « classiques » d’écriture de lettres, mais également des actions de pression sur les pays donateurs (dont la Belgique). Des actions seront également menées contre les expulsions forcées. Il est également question de mobiliser les Actions urgentes pour réagir à ces exactions.




