Beaucoup de pays parmi les plus riches au monde en matières premières figurent aussi parmi les plus pauvres, surtout lorsque leurs ressources naturelles représentent l’essentiel du Revenu national. Les projets sont souvent mis en œuvre par les entreprises d’industrie extractive sans évaluation sérieuse de leur impact potentiel en matière de droits humains, y compris sur les plans écologique et social. Des groupes de populations sont souvent chassés de leurs terres ou, s’ils ne le sont pas, leurs moyens de subsistance traditionnels risquent d’être détruits si les terres sont contaminées et les sources d’eau polluées. Les conflits et la violence peuvent s’intensifier quand, se sentant menacées, les entreprises prennent des mesures pour protéger leur capital.
Dans les cas les plus extrêmes, ces entreprises s’associent aux autorités pour empêcher l’expression pacifique de revendications pour plus de justice en usant de la violence et de l’intimidation ou en essayant d’imposer le silence aux médias.
Cette situation est d’autant plus préoccupante quand les gens n’ont accès ni à l’information, ni à la consultation, ni à la justice. Il en va de même lorsque les autorités ne font pas figurer, dans les accords conclus avec les entreprises, des dispositions protégeant les droits humains ou quand les responsables politiques refusent de contraindre les employeurs à rendre compte des actes commis en violation d’accords bien précis.
Les populations autochtones, en particulier, figurent parmi les plus exposées aux atteintes à leurs droits fondamentaux, les moins protégées et les moins susceptibles de pouvoir bénéficier de recours utiles.
Amnesty continue de travailler sur la « catastrophe de Bhopal ». La nuit du 3 décembre 1984, l’explosion d’une usine d’Union Carbide (renommée depuis lors Dow Chemical) de pesticides avait dégagé 40 tonnes d’acide cyanhydrique dans l’atmosphère de cette ville de l’Inde, causant la mort d’entre 16 000 et 30 000 personnes, dont 8000 la nuit-même de l’accident. En outre, Amnesty va également travailler sur des cas précis de violations dans le delta du Niger. Au niveau européen notamment, AI va faire campagne et pression pour obtenir la mise en place d’un cadre juridique rendant les entreprises comptables des violations dont elles se seraient rendues coupables, y compris en dehors des frontières de nos pays. C’est ici tout le concept de « comptabilité » ou de « redevabilité » des entreprises et d’obligations extraterritoriales qui est en jeu.





