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La mortalité maternelle

mardi 9 juin 2009, par Pascal Fenaux

Cruel paradoxe, une femme meurt chaque minute dans le monde en donnant la vie. Longtemps considérée comme une fatalité, la mortalité maternelle est une des expressions les plus criantes de l’injustice liée à la pauvreté.

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Une femme enceinte attend l’infirmière dans le dispensaire Bilunu de Kindu, province de Maniema (Kivu). Kindu, novembre 2004. © PANOS/Aubrey Wade

Plus de 500 000 femmes meurent chaque année des complications d’une grossesse. Presque toutes auraient pu être sauvées si des soins médicaux adaptés leur avaient été prodigués en temps voulu. Les frais facturés pour les services de santé, y compris pour certains soins obstétriques et moyens de contraception essentiels, empêchent souvent les femmes pauvres de bénéficier de la prise en charge médicale dont elles ont besoin. Pour celles qui vivent dans la pauvreté ou dans des zones reculées, il est difficile de se rendre dans les établissements de soin – les coûts de transport peuvent être prohibitifs ou les routes impraticables. Les femmes et les jeunes filles pauvres ne sont parfois pas informées des risques de complications, notamment si elles n’ont pas été scolarisées ou sont illettrées.

Si l’écrasante majorité (plus de 95%) des femmes et des jeunes filles qui meurent des complications d’une grossesse sont pauvres et viennent de pays peu développés, des milliers de femmes meurent également dans les pays riches. La plupart sont issues de milieux marginalisés ou défavorisés. Aux États-Unis, le taux de mortalité maternelle chez les Afro-américaines est trois fois supérieur à celui des « Caucasiennes ». Dans ce pays, plus de 46 millions de personnes n’ont tout simplement pas d’assurance maladie.

Les femmes sont victimes d’une discrimination institutionnelle qui se retrouve au niveau familial. Parfois contraintes par leurs proches de se marier très tôt ou contre leur gré, elles sont parfois traitées comme des esclaves, insuffisamment nourries, emprisonnées dans leur propre maison et privées de toute liberté économique. En dépit de leur droit universel à la santé, l’accès aux soins de ces femmes se heurte à des obstacles économiques, culturels et sociaux.

En dépit du droit universel de décider du moment de leur grossesse, elles ont rarement accès à la contraception ou aux informations qui leur permettraient de maîtriser leur fécondité. Lorsqu’une femme meurt, sa famille s’appauvrit davantage par la perte des moyens de subsistance qu’elle apportait, en raison des tâches non rémunérées qu’elle effectuait pour ses proches ou de la prise en charge et de l’éducation des enfants qu’elle assurait.

Outre des actions « classiques » d’écriture de lettres, Amnesty mènera des actions de pression sur les pays donateurs (dont la Belgique). Des actions parfois spectaculaires, comme des « Caravanes de la Dignité » sont en préparation dans toute l’Afrique de l’Ouest, avec le soutien depuis plus d’un an de la section belge francophone d’AI. Par ailleurs, si le Pérou est déjà « couvert », les groupes locaux d’AIBF vont travailler sur la Sierra Leone, le Burkina Faso et le Nicaragua.

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« Nicaragua : Et les droits des femmes ? »

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