
- École « de ségrégation » dans un ghetto rom à l’extrême est de la Slovaquie, aux frontières hongroise et ukrainienne. Trebišov, 28 mars 2008. © AI
Les rédacteurs de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (DUDH) ont ainsi explicitement souligné qu’ils considéraient ce principe comme la clef de voûte de la Déclaration. ment d’être victime d’un viol ou d’autres formes de violence sexuelle.
La discrimination porte atteinte à la notion même de droits humains. Or, elle persiste sous de nombreuses formes dans tous les pays du monde, qu’elle soit fondée sur la race, l’appartenance ethnique, la nationalité, le rang social, la religion, les convictions, le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’âge ou l’état de santé, ou encore sur une combinaison de plusieurs de ces facteurs.
Si le cadre où elle s’exerce et ceux qui l’appliquent ne sont pas toujours les mêmes, la discrimination, quelle que soit sa forme, trouve toujours son origine dans l’ignorance et les préjugés répandus dans la société, dans l’attitude discriminatoire des autorités et la répression qu’elles exercent et dans l’impunité dont jouissent trop souvent les responsables. Pis, certains gouvernements légitiment ouvertement certaines formes de discrimination au nom de la moralité, de la religion ou de l’idéologie. Lorsqu’elle est inscrite dans la loi (restriction des libertés fonda- mentales des femmes ou négation des droits des populations autochtones), la discrimination prive de fait certains individus de leurs droits humains. Mais il arrive aussi que la simple inaction des autorités favorise les actes de violence motivés par des préjugés.
En ce qui concerne le maintien de l’ordre, la discrimination conduit les autorités à considérer certains groupes de personnes comme des « criminels en puissance ». Ces personnes sont donc plus susceptibles d’être arrêtées et incarcérées que le reste de la population. Elles risquent également davantage, une fois arrêtées, d’être malmenées et soumises à des agissements pouvant constituer des actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements.
L’identité ou le statut d’une personne peuvent aussi conditionner la nature et les conséquences de ces mauvais traitements. Ainsi, une femme transgenre détenue avec des hommes risque tout particulière De nombreuses personnes subissent une discrimination qui s’appuie sur plusieurs éléments de leur identité comme par exemple, pour les femmes autochtones, le fait d’être une femme et celui d’appartenir aux peuples autochtones. En raison de la multiplicité de ces facteurs, la discrimination s’exerce de façon très différente selon les personnes concernées.
Dans le cadre de la campagne « Dignité », Amnesty a privilégié un « axe européen » en prenant à bras le corps les exactions à l’encontre des « populations à risque », dont principalement les Roms, mais aussi les sans papiers. L’objectif est la mise en place de mesures législatives au niveau européen et des États membres de l’UE pour obtenir une directive et sa mise en application.




