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Myanmar (Birmanie) – Harcèlement

mardi 9 juin 2009, par Pascal Fenaux

Le 14 mai dernier, Aung San Suu Kyi, dirigeante de la Ligue nationale pour la Démocratie, était transférée de son domicile (où elle était assignée à résidence) à la prison d’Insein à Rangoun, en compagnie de ses deux employées de maison.

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La prisonnière d’opinion et dirigeante de la Ligue nationale pour la Démocratie (NLD), Aung San Suu Kyi. © Chris Robinson

Arrêtée le 13 mai dernier, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi était transférée le 14 mai à l’aube de son domicile (où elle était assignée à résidence depuis juillet 1989) à la prison d’Insein à Rangoun, après l’intrusion dans son domicile d’un ressortissant américain, John William Yettaw, le 3 mai dernier. Le Prix Nobel de la Paix a été incarcérée ainsi que ses deux employées de maison, Khin Khin Win et sa fille. L’opposante a été ensuite inculpée d’avoir enfreint les règles de son assignation à résidence, une semaine après l’annonce par le régime militaire de l’intrusion chez elle de cet Américain qui avait traversé un lac à la nage pour la rencontrer.

Amnesty International a immédiatement demandé au Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier la Chine et le Japon, ainsi qu’aux pays membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), d’intervenir pour obtenir la libération d’Aung San Suu Kyi et de ses deux employées.

De son côté, le Rapporteur de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Myanmar, Tomas Ojea Quintana, a qualifié d’illégal l’emprisonnement de l’opposante birmane et réclamé sa libération « sans condition », ajoutant : « Afin d’assurer la transition démocratique et la réconciliation nationale auxquelles se sont engagés les dirigeants birmans, la totalité des 2 156 prisonniers d’opinion actuellement détenus devraient être libérés avant les élections de 2010 ». Et de conclure : « Étant donné que sa maison est sous bonne garde, la responsabilité de prévenir de telles intrusions et d’alerter les autorités repose sur les forces de sécurité et non sur Aung San Suu Kyi et ses employées ». En mars 2009, le Groupe de Travail des Nations unies sur la détention arbitraire a déclaré que l’incarcération de cette femme enfreignait aussi bien le droit international que la législation du Myanmar.

L’état de santé d’Aung San Suu Kyi s’est récemment dégradé. Lorsque son médecin de famille, Tin Myo Win, s’est présenté chez elle le 7 mai, les forces de sécurité l’ont empêché d’entrer. De retour à son domicile, il a été emmené par les autorités. Tin Myo Win est un ancien prisonnier d’opinion ; on ignore où il se trouve actuellement.

Aung San Suu Kyi a passé 13 des 19 dernières années privée de liberté, la plupart du temps en résidence surveillée. La mesure d’assignation à domicile sous le coup de laquelle elle se trouvait jusqu’il y a peu aurait dû expirer le 27 mai 2009…

P.F.

AGISSEZ POUR LA LIBÉRATION D’AUNG SAN SUU KYI

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