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Liberia – Un combat pour la paix

vendredi 27 février 2009

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Florence Ballah et Jackie Redd, deux anciennes mineures enrôlées de force pendant la guerre civile. Elles sont aujourd’hui des défenseuses. Freetown, décembre 2008. © AI

Le Liberia a connu deux guerres, de 1989 à 1997, puis de 1999 à 2003, qui ont débouché sur la signature d’un accord de paix à Accra en août 2003. L’Accord de paix global prévoyait un processus de désarmement, démobilisation, réadaptation et réinsertion (DDRR) dont le coup d’envoi a été donné en décembre 2003, avec l’aide de la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) et d’autres partenaires, comme le Programme des Nations unies pour le développement et la Commission nationale pour le désarmement, la démobilisation, la réadaptation et la réinsertion (CNDDRR).

La phase de désarmement et de démobilisation de ce processus a pris fin en décembre 2004, et les programmes de réadaptation et de réinsertion ont débuté en juin 2004 et se sont achevés en octobre 2007, quand la CNDDRR a repris les rênes du programme de réinsertion.

En janvier 2008, la CNDDR a lancé la phase finale du programme. D’après les Nations unies, les piliers de la réadaptation et de la réinsertion sont l’enseignement scolaire, la formation professionnelle et la réinsertion sociale. Reconnaissant le rôle considérable que les femmes et les filles ont joué durant le second conflit, les responsables du processus de DDRR visaient à adopter une démarche prenant en compte les questions de genre dans le cadre de leur action.

Au cours du second conflit, entre 25 000 et 30000 femmes et filles ont été liées aux forces combattantes, un grand nombre d’entre elles participant activement aux combats. Elles ont choisi de prendre les armes afin de se prémunir contre les violences sexuelles, de venger la mort de membres de leur famille, de profiter de gains matériels et de survivre. Ces femmes et ces filles ont servi de commandantes, de porteuses, d’espionnes, d’esclaves sexuelles, de cuisinières et de mères.

Le gouvernement libérien et la communauté internationale se sont efforcés de faire en sorte que le programme de DDRR réponde aux besoins des femmes et des filles ayant été liées aux forces combattantes, et ont adopté une démarche tenant compte du genre, en particulier lors de la phase de réadaptation et de réinsertion. Cependant, les femmes et les filles concernées continuent à rencontrer des obstacles sur la voie de la réinsertion au sein de la société. De nombreuses femmes auxquelles Amnesty International a parlé continuent à souffrir de séquelles – symptômes et douleurs – des violences sexuelles et des viols qu’elles ont subis, et leur état nécessite des soins médicaux. Le climat de violence a persisté et le nombre de cas de violence sexuelle contre les femmes et les filles au sein de la famille, des écoles, des villages et des quartiers a continué à augmenter même une fois la guerre finie.

Les femmes ne bénéficient toujours pas suffisamment des soins médicaux requis et beaucoup d’entre elles ont peu d’instruction, guère de formation et sont sans emploi. Amnesty International a constaté que nombre des recommandations présentées dans son rapport intitulé Liberia : A flawed process discriminates against women and girls (AFR 34/004/2008) n’ont pas encore été suivies.

APPEL À L’ACTION :

Amnesty International vous propose d’envoyer une lettre demandant au gouvernement libérien de veiller à ce que les besoins spécifiques des femmes ayant été liées aux forces combattantes au Liberia pendant les deux guerres soient pris en compte.

Voir ICI

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