La mission d’enquête envoyée par le Secrétariat international d’AI a accumulé les preuves et les témoignages d’enlèvements, d’homicides délibérés et illégaux, d’actes de torture et de menaces de mort contre les Palestiniens accusés de « collaborer » avec Israël et contre les opposants au Hamas. Ainsi, plus de 20 hommes ont été abattus par les miliciens du Hamas, tandis que beaucoup d’autres ont été grièvement blessés par balles, passés à tabac ou torturés. La plupart ont été enlevés chez eux avant d’être abandonnés – morts ou blessés – dans des endroits isolés, ou retrouvés à la morgue de l’un des hôpitaux de Gaza. Certains ont été abattus alors qu’ils se trouvaient à l’hôpital pour y faire soigner leurs blessures. Les témoignages recueillis par AI l’ont tous été sous couvert de l’anonymat.
A. : « Le 20 janvier au matin [2 jours après l’entrée en vigueur de la trêve], des miliciens du Hamas masqués ont pénétré chez moi et m’ont bandé les yeux avant de me jeter dans une voiture. Ils m’ont emmené dans un terrain vague, m’ont tabassé et m’ont enfin tiré dans le genou droit. » Le père d’A a quant à lui été blessé par balles dans le ventre pour avoir voulu s’interposer.
S. : « Quatre hommes masqués sont entrés dans ma maison le 31 décembre [au plus fort de l’opération israélienne] vers 4 heures du matin. Sans dire un mot, ils m’ont tiré une balle à l’arrière du genou droit et ont visé ma jambe à trois reprises. Un ami a essayé d’intervenir, mais ils l’ont menacé. Finalement, quand les gens ont commencé à affluer pour voir ce qui se passait, les tireurs se sont enfuis. Fin janvier, des miliciens sont revenus chez moi, mais ne m’ont pas trouvé. »
W. : « Le soir du 9 janvier, des agents de la Sécurité intérieure du Hamas m’ont forcé à les accompagner. À vingt mètres de chez moi, ils m’ont déchiqueté une jambe par balles et j’ai dû être amputé au-dessus du genou. »
N. : « Le 20 janvier, des membres de la Sécurité intérieure sont venus chez moi. Il devait être 13 heures. Comme je n’étais pas là, ils ont pris mon fils. Quand je suis revenu, je me suis rendu au commissariat pour leur demander ce qu’ils me voulaient et faire libérer mon enfant. Un autre membre de ma famille était également détenu. Ils nous ont emmené tous les trois dans une ferme abandonnée et nous ont passés à tabac. Ils m’ont accusé d’avoir distribué des bonbons pour fêter l’assassinat de Saïd Siyam [ministre Hamas de l’Intérieur] par l’armée israélienne. Quand je leur ai dit que ce n’était pas vrai, ils m’ont dit qu’ils nous libéreraient si je leur trouvais trois autres Palestiniens qui s’étaient réjouis de cet assassinat. Je leur ai répondu que, comme tout le monde, je m’étais cloîtré chez moi durant les bombardements israéliens et que je ne savais donc pas ce qui se passait dehors. Ils m’ont aussi accusé d’avoir transmis des informations à l’Égypte et à l’Autorité palestinienne de Cisjordanie. Finalement, ils nous ont demandé de ne pas quitter notre domicile pendant un mois et de ne pas parler, sinon ils nous tueraient. »
Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/en/gaza-crisis





