
- Une des innombrables fléchettes retrouvées dans la bande de Gaza. Entre 5 000 et 8 000 fléchettes sont stockées dans des obus de 120 mm, généralement tirés depuis des chars. Izbat Beit Hanoun, 20 janvier 2009. © Amnesty International
Le 19 janvier, après un séjour dans la ville israélienne de Sdérot, une équipe d’Amnesty International se rendait à Gaza pour constater l’ampleur des violations du droit humanitaire durant l’opération « Plomb durci ». À cette occasion, un blog a été ouvert sur lequel sont consignés témoignages et revendications. L’un des billets les plus récents, posté le 27 janvier, concerne l’utilisation d’obus à fléchettes par l’armée israélienne.
« Outre le phosphore blanc, l’armée israélienne a utilisé diverses autres armes dans des zones civiles très peuplées de la bande de Gaza. Ces fléchettes sont des projectiles métalliques de 4 cm de long, dotés d’une pointe acérée à l’avant et de quatre ailettes à l’arrière. Entre 5 000 et 8 000 fléchettes sont agencées dans des obus de 120 mm, généralement tirés depuis des chars. Les obus explosent en l’air, et la dispersion – de forme conique – des fléchettes se fait sur une surface d’environ 300 mètres de large et 100 mètres de long.
« Armes anti-personnel conçues pour pénétrer une végétation dense, ces fléchettes ne devraient jamais être utilisées dans des zones civiles construites. Depuis plusieurs années, l’armée israélienne y a régulièrement recours dans la bande de Gaza. Dans la plupart des cas, leur utilisation se solde par des morts ou des mutilations.
« À Izbat Beit Hanoun, au sud-ouest de la ville de Beit Hanoun, plusieurs obus contenant des fléchettes ont été tirés sur la route principale, tuant deux personnes et en blessant plusieurs autres dans la matinée du 5 janvier.
« Wafa Nabil Abu Jarad , une jeune femme de 21 ans, enceinte et mère de deux enfants, était au nombre des tués. Son époux et sa belle-mère ont expliqué à l’équipe qu’ils venaient de prendre le petit-déjeuner et buvaient le thé au soleil à l’extérieur de leur maison. Wafa Nabil Abu Jarad et son mari étaient debout près d’un des coins de la maison lorsqu’ils ont entendu un bruit, suivi de cris. Au moment même où ils se sont retournés pour rentrer chez eux, Wafa et plusieurs autres membres de la famille ont été atteints par des fléchettes. Wafa a été tuée sur le coup.
« Le même jour, à l’autre bout de la rue, Islam Jaber Abd al-Dayem , 16 ans, a reçu une fléchette dans le cou. Il a été transporté à l’unité de soins intensifs de l’hôpital mais est mort trois jours plus tard. Mizar, son frère, a été blessé lors de la même attaque et a encore une fléchette enfoncée dans le dos.
« Dans le village d’al-Mughraqa, le matin du 7 janvier, un obus s’est abattu sur la pièce où Atta Hassan Aref Azzam était assis avec deux de ses enfants, Mohammed, treize ans, et Hassan, deux ans et demi. Tous trois ont été tués. Les six autres membres de la famille se trouvant alors dans la maison ont fui afin de se réfugier dans l’école la plus proche. L’équipe a examiné le mur taché de sang à côté duquel les deux enfants et leur père ont été tués. Il était criblé de fléchettes. »
Pour en savoir plus et agir :
http://www.amnesty.org/fr/gaza-crisis - paneltabs-3




