Dans une Thaïlande détrempée par la pluie, un couple franco-anglais cherche à retrouver leur enfant emporté par le tsunami. Sur foi de quelques images furtives tournées par une ONG sur une île reculée, ils se lancent dans une expédition hallucinante et hallucinée. Avec Vinyan, Fabrice du Welz signe un film culotté. Réalisé pour un budget dérisoire au regard des standards internationaux, le film est tel que le cinéaste belge l’a voulu, c’est-à-dire un film de genre mêlant aventure et fantastique, avec une touche de gore. En filigrane, on peut aussi y lire la confrontation du choc des cultures entre l’Occident et l’Asie, et entre le poids de la vie d’un enfant blanc et celui d’un enfant thaï ou birman. On y trouve l’acteur anglais Rufus Sewell aux côtés d’Emmanuelle Béart, hagarde et maquillée d’argile, parfaite dans son rôle de mère éplorée. Mais l’essentiel n’est ni là ni dans l’intrigue, somme toute assez maigre, il est dans le traitement de l’image et du récit complètement porté par une matière filmique organique. On sent ici un vrai plaisir de faire du cinéma, de mettre en scène des personnages confrontés à des émotions et des situations limite. Lointain cousin d’Apocalypse Now, autre grand film de jungle paranoïaque, Vinyan est un voyage vers l’horreur autant qu’une descente vers les enfers intérieurs.
Gilles Bechet
Vinyan de Fabrice du Welz, sortie nationale le 15 octobre




