
- Dans le faubourg de Wattala, des Sri-Lankais de la minorité tamoule franchissent un barrage militaire pour participer à un office religieux hindou. Colombo, 31 mai 2007. AFP/Sanka Vidanagama
Plus de 70 000 personnes ont été tuées en trois décennies de conflit sri-lankais, dont plusieurs milliers depuis le regain de violence de fin 2005. Ces derniers mois, il semble que l’armée sri-lankaise (à majorité cinghalaise) a conquis de larges zones autrefois tenues par les Tigres libérateurs de l’Eelam Tamoul (LTTE), non sans impact humanitaire. Dans le nord, selon les estimations de l’ONU, entre 200 000 et 230 000 personnes auraient été déplacées, tandis que le gouvernement sri-lankais a annoncé, le 8 septembre dernier, qu’il ne pouvait plus y garantir la sécurité des travailleurs humanitaires. En l’absence d’observateurs indépendants dans les zones de combat, il sera encore plus difficile de s’informer.
Le Sri Lanka ayant toujours sous-estimé la force de frappe des LTTE, rien ne permet de garantir que le gouvernement puisse tenir sa promesse de gagner la guerre dans les mois qui viennent. Et gagner la guerre ne veut pas dire instaurer la paix : les Tigres connaissant le nord du Sri Lanka comme leur poche, un scénario crédible serait qu’ils délaissent les villes et les grands axes pour se réfugier dans la jungle, d’où ils lanceraient des actions de guérilla contre l’armée sri-lankaise et continueraient à planifier des attentats. Au-delà de ces considérations militaires, on est en droit de se demander comment parviendront un jour à revivre ensemble la majorité cinghalaise (74%) et la minorité tamoule autochtone (18%). Reportages.




