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Argentine - Enfants du mensonge

jeudi 29 mai 2008

Pour un enfant de six ans, la réalité d’une dictature peut paraître bien floue. Buenos Aires, 1978. Guillermina vit une vie sans nuages observant ses parents sans comprendre ce qui les agite et les inquiète. Tout bascule lorsque son père, opposant politique, est abattu, sans témoins. Vingt-quatre années plus tard, l’Argentine vit une période de récession. Le pays a besoin de cash autant qu’il a besoin d’être débarrassé des fantômes de la dictature. Le passé rejoint le présent suite au kidnapping contre rançon du grand-père de Guillermina de qui elle s’était toujours sentie fort proche. Le retour de sa mère, exilée à Paris, fait remonter des souvenirs douloureux. Des mensonges, des omissions par amour, de vérités dévoyées. Tissant en parallèle deux récits séparés par le temps, la jeune réalisatrice argentine signe un premier film très maîtrisé. Sans pathos, avec beaucoup de finesse et un sens du timing, les liens familiaux et les compromissions sont mis à l’épreuve de la logique du régime des généraux. Passé le premier mensonge par omission, même s’il est fait par amour, on s’emmêle les pattes dans un inextricable écheveau de non-dits, de ressentiments et d’incompréhensions. Le retour en arrière est impossible. Déroulant son récit intimiste entre deux époques, le film pose la question du courage, celui qui est nécessaire pour affronter le danger et celui qui est exigé pour accorder le pardon.

G.B.

Agnus Dei (Cordero de Dios), de Lucía Cedrón, sortie en salle le 18 juin

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