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Kamituga, une tragédie congolaise

vendredi 4 avril 2008

Après la version courte du film (52 minutes), présentée en mai 2006 au Centre Wallonie – Bruxelles de Kinshasa, les réalisateurs Yvon Lammens et Colette Braeckman proposent à présent une version rallongée de 18 minutes de leur documentaire L’or noyé de Kamituga. Ville minière située dans l’est du Congo, Kamituga ne se trouve qu’à 180 Km de Bukavu, mais l’on s’y croirait au bout du monde. La route est coupée et seuls de petits porteurs desservent cette ville minière où, durant les années de guerre, aucun Européen n’osait s’aventurer. Kamituga symbolise le désastre et la tragédie économique de tout un pays : installations pillées, cartes géologiques volées, etc. Fini le temps où la SOMINKI (Société Minière et Industrielle du Kivu) assurait à ses travailleurs logement, école et soins de santé en échange de l’extraction de la cassitérite – d’où l’on tire l’étain – et l’or, objet d’éternelles convoitises. Les anciens mineurs et leurs familles sont depuis d’interminables années pris en tenailles entre les différents acteurs du conflit. La misère, la violence et l’exploitation sont maintenant le quotidien, mais ils gardent malgré tout l’espoir...

P.F.

L’or noyé de Kamituga d’Yvon Lammens et Colette Braeckman

Sortie en salles : À Bruxelles (Actor’s Studio) à partir du 9 avril. À Namur (Caméo) à partir du 9 avril. À Charleroi (Le Parc) à partir du 9 avril. À Mons (Plaza Art) à partir de mai 2008. À Liège (Le Parc/Churchill) à partir de mai 2008.

Attention : 0,50 € par ticket seront reversés à Amnesty International

1 Message

  • Kamituga, une tragédie congolaise Le 19 août 2008 à 16:11 , par Philippe DeVillé, professeur UCL

    Il est vrai que la SOMINKI assurait une véritable infrastructure sociale aux travailleurs et à la population locale : hôpital, écoles, centre de loisirs, logements décents etc. Toutefois, des témoignages recueillis oralement sur place suggèrent que les conditions de travail, y compris sur le plan de la sécurité, offertes par la SOMINKI étaient déjà très dures : nombreux accidents de travail, maladies, etc. Ce qui est sûr, c’est que le concassage et le broyage étaient à l’époque faits mécaniquement, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui où ce sont maintenant des femmes qui concassent manuellement la roche aurifère pour des salaires dérisoires (au mieux 2$ par jour pour environ 8h de travail très dur et quand elles parviennent à obtenir ce travail) et dans des conditions de travail épouvantables.

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