La Colombie ne cesse de faire parler d’elle, voire de susciter des polémiques incessantes sur la responsabilité première, essentielle, principielle, des gouvernements colombiens, de l’armée colombienne, des milices paramilitaires d’extrême droite ou de la guérilla des FARC. Longtemps considérée comme le paradis des narcotrafiquants et comme une mine d’or pour scénaristes hollywoodiens dopés à la pyrotechnie, la Colombie s’est soudain invitée dans les prime time des médias francophones lorsque, parmi quelques milliers d’autres civils et quelques dizaines de politiques, une candidate écologiste de souche européenne à la présidence de la république s’est fait enlever par les FARC. Et le débat d’enfler. Faut-il réduire à la figure d’Ingrid Betancourt la prise en otage de toute la société colombienne ? Assurément non. Faut-il taire cette figure, au risque d’évacuer le gâchis colombien de nos opinions ? Pas davantage. Amnesty coédite avec les Presses universitaires de Louvain un livre qui est également le fruit d’une collaboration avec les Comités Betancourt et Actions Birmanie. L’occasion pour Libertés ! de revenir sur la Colombie, de rappeler la question des séquestrations et des violences contre les défenseurs, signes les plus tangibles d’un conflit politique multiforme qui, en un peu plus de vingt ans, a contraint trois millions de civils à devenir des réfugiés de l’intérieur.

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- Des paramilitaires des Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), démobilisés en 2005 dans le cadre des accords conclus avec le président Alvaro Uribe. Girardota, novembre 2003. © AFP / Fredy Amariles




