« Et si j’avais été là lorsque s’abattaient les machettes, quel aurait été mon destin ? » C’est avec ce genre de questions à jamais sans réponse que Jean, un Rwandais établi en Belgique, retourne à Kigali plusieurs années après le génocide qu’il a vécu par écran de télé interposé. Il veut comprendre, prendre des nouvelles de sa famille, honorer les morts et parler aux vivants. Il retrouve sa mère qui a survécu et son frère jumeau emprisonné pour un crime qu’il nie. Entre eux, les évènements ont creusé un fossé que les liens familiaux ne peuvent combler. Découvrant une ville où les morts et les disparus jettent un voile pesant, Jean se sent étranger. Il a l’impression que le passé qu’il emportait avec lui en Europe ne lui est plus d’aucun secours pour comprendre le présent de son pays meurtri. Dans ce premier roman parfaitement maîtrisé, Joseph Ndwaniye traduit sa trajectoire personnelle d’exilé rwandais avec sensibilité et sobriété. Sans s’appesantir en accusations et règlements de comptes, il dresse un portrait détaché et humain de l’après-génocide. Persuadé que seuls le temps et le dialogue panseront les plaies du Rwanda, il renvoie à l’humanité entière l’impérieux devoir d’empêcher la roue de l’horreur de se remettre à tourner.
G.B.
La promesse faite à ma soeur, Joseph Ndwaniye, Les impressions nouvelles, 17€

- 12_culture_promesse. jpg




