Le 17 octobre, le président George W. Bush signait une loi permettant le recours à des « méthodes agressives » d’interrogatoire et de jugement de suspects de « terrorisme » par les juridictions militaires. Le président américain s’est certes défendu de légaliser une torture déjà pratiquée illégalement, il n’en reste pas moins que la régularisation des procédures secrètes et des lieux de détention secrets présage du pire.

- Un siège dans les sous-sols d’un commissariat serbe de Pristina, Kosovo, où des Albanais étaient torturés. Pristina, juin 1999. © Ron Haviv
Les dérives de la « guerre contre le terrorisme » ont-elles aidé les ONG de défense des droits humains à remettre la lutte contre la torture à l’ordre du jour ? Ou Guantánamo et ses succursales ne sont-elles pas plutôt l’arbre qui cache la forêt ?
Une forêt qui pousse beaucoup plus près de nos villes que les exotismes carcéraux. Car la torture ne s’arrête « hélas » pas aux cas extrêmes des prisonniers d’opinion. Elle est aussi le destin moins « glorieux » des sans-grade et des prisonniers de droit commun. Et elle fonde un combat plus récent qu’il n’y paraît, la Convention onusienne qui la prohibe n’étant en vigueur que depuis 1987.
C’était donc hier et ce pourrait redevenir jamais. Alors, comment devenir le cauchemar des bourreaux ?




