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IRAN - 8 ANS D’ESPOIRS, 15 MOIS DE RECULS

dimanche 1er octobre 2006

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Sous son prédécesseur réformateur Khatami, on y avait cru, ou du moins on avait osé espérer, mais rien de très positif ne s’est profilé à l’horizon. Et, depuis l’élection à la présidence de la République de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2005, la situation des droits humains s’est sérieusement détériorée. On parle même d’une intensification de la répression. Les derniers rapports d’Amnesty en témoignent.

Avec la révolution islamique de 1979, la population iranienne avait placé ses espoirs dans des gouvernements qui, pourtant, ne perçurent guère leur situation sociale et humaine en termes de droits humains. En 1997, suite à l’élection du président « réformateur » Mohammad Khatami, les Iraniens revirent enfin la lumière au bout du tunnel : quelques progrès en ce qui concerne les droits humains furent enregistrés. Cependant, ils restèrent très minimes en raison de la présence au pouvoir du Guide suprême Ali Khameneï.

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Une détenue iranienne, dans la section des femmes du tristement célèbre pénitencier d’Evin, au nord de Téhéran. Juin 2006. © AFP/Atta Kenare

Lors de la campagne électorale de 2005, Mahmoud Ahmadinejad avait fixé comme thème majeur de sa campagne l’amélioration des droits sociaux et économiques. Amnesty International avait vu dans cette avalanche de promesses une occasion inespérée pour l’exhorter à se soucier davantage des droits humains. Mais les mois ont passé et… répression, limitation du droit à l’expression et d’association, arrestations arbitraires, torture et pour agrémenter le tout, retour massif à la peine de mort, sont à nouveau à la carte.

En dépit de garanties constitutionnelles en matière d’égalité, les minorités font l’objet de discriminations et de restrictions dans leurs libertés sociales, culturelles, linguistiques et religieuses mais aussi dans la distribution des ressources par l’État, dans l’accès à des logements de qualité, ainsi que dans l’accès à l’eau et à des conditions sanitaires minimes. C’est surtout le cas dans les régions arabes du sud-ouest et kurdes du nord-ouest.

Dans le sud-ouest, les Arabes, représentant entre 3 % et 8 % de la population, sont privés d’enseignement public dans leur propre langue et doivent faire face à un haut taux d’analphabétisme. Vient s’ajouter l’usage d’une force excessive par les forces de sécurité iraniennes lors de manifestations pacifiques organisées par les Arabes dans la ville d’Ahvaz, capitale de la province du Khouzestan. Des centaines d’entre eux ont été arrêtés, emprisonnés et, au terme de procès inéquitables, certains ont été condamnés à mort. Dans le nord-ouest, les Kurdes, représentant entre 7% et 10% de la population, sont victimes des mêmes défaillances.

Enfin, les Turcs azéris, faisant partie de la plus grande minorité (25 à 30% de la population) sont certes bien intégrés dans l’économie et dans le système politique, mais ils revendiquent néanmoins le droit d’enseigner dans leur propre langue.

Quant aux Bahaïs et aux Chrétiens, membres de minorités religieuses, ce sont ceux qui sont les plus touchés par les discriminations, harcèlements, arrestations et emprisonnements. Certains sont parfois même condamnés à mort.

Dans le rapport publié en février 2006, Amnesty ne s’arrête pas aux groupes minoritaires. En effet, nombreux sont les défenseurs des droits humains qui sont arrêtés et emprisonnés pour avoir exprimé leurs opinions ou osé critiquer le gouvernement. Pire encore, certains sont arrêtés pour des délits qu’ils n’ont pas commis. Il s’agit là d’une tactique du système qui consiste à décourager tout futur défenseur des droits humains. Notons aussi ceux qui sont constamment victimes de menaces et d’intimidations dans leur travail : journalistes, avocats, syndicalistes,… qui ont tous pour seul but l’amélioration des droits humains en Iran. Peine de mort

L’Iran figure parmi l’un des principaux pays au monde à encore appliquer cette peine. La plupart du temps, elle est infligée pour des motifs aussi abscons que celui de « corruption sur terre » [1], d’offenses politiques, d’adultères, d’abus d’alcool ou de crimes (viols, meurtres, trafics de drogue).

Mais Amnesty s’inquiète d’autant plus quand il s’agit de l’exécution de mineurs. « En exécutant un mineur délinquant, l’Iran viole le droit international et ses obligations définies par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Convention relative aux droit de l’enfant. » AI a relevé huit cas depuis 2005 et craint malheureusement que le chiffre soit bien plus élevé.

Outre les exécutions de mineurs, la peine de mort a aussi des motivations politiques. En effet, certains détenus, dont ceux appartenant à la guérilla des Moudjahiddines du Peuple, sont accusés d’avoir livré des informations sur le programme nucléaire iranien et risquent d’être exécutés si l’Iran devait faire l’objet de sanctions de la part du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Géraldine Fouarge (st.)

À lire : IRAN – Human rights under President Ahmadinejad (MDE 13/010/2006).

Notes

[1] Aucun spécialiste iranien n’est parvenu à comprendre le sens exact de l’inculpation pour « fesad dar zamin ».

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