C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort... De quel pays s’agit-il ? Qu’est-ce qui l’en a chassé ? Où arrive-t-il ? Peu à peu, on croit deviner que ce M. Linh pourrait être un Vietnamien, chassé par la guerre qui a tué tous les siens, sauf sa petite fille, et qu’il va aboutir dans un port français. Ces 150 pages décrivent sa rencontre avec un autre vieux solitaire, l’amitié qui naît entre eux malgré l’obstacle de la langue, l’épreuve de nouvelles séparations... jusqu’aux dernières pages qui sont bouleversantes. On dévore d’une traite ce bref récit, que l’on referme apaisé et impatient de découvrir d’autres œuvres du même auteur, qui n’a que le nom en commun avec son homonyme.
La petite fille de Monsieur Linh par Philippe Claudel chez Stock




