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Brève

vendredi 2 décembre 2005, par Esther Beck

ÉTHIOPIE PRISONNIERS D’OPINION La police éthiopienne a arrêté 24 membres de l’opposition à Addis-Abeba le 1er novembre. Des manifestations de rue organisées en protestation contre des fraudes électorales avaient dégénéré en quatre jours de violences suite à une fusillade contre les protestataires, déclenchée par la police. Parmi les 24 personnes arrêtées, on trouve Hailu Shawel, 70 ans, président de la Coalition pour l’Unité et la Démocratie (CUD), un parti d’opposition, le professeur Mesfin Woldemariam, 75 ans, ancien secrétaire général du Conseil éthiopien des Droits humains (EHRCO), Yacob Hailemariam, ancien envoyé spécial des Nations unies et ancien procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), etc. Tous ont été présentés à la Haute Cour fédérale d’Addis-Abeba qui a ordonné une prolongation de détention afin de permettre aux policiers d’enquêter sur ce qui est présenté comme un « complot en vue de provoquer des violences ». Les détenus pourraient être inculpés de trahison, une infraction passible de la peine de mort en Éthiopie.

CHILI ET PÉROU EXTRADITION Alberto Fujimori, président du Pérou de 1990 à 2000, a été arrêté au Chili le lundi 7 novembre. Il est accusé par le Pérou de graves violations des droits humains et de corruption. Amnesty International, qui considère l’ancien président comme devant répondre de crimes contre l’humanité, a appelé le Chili à veiller à ce que Fujimori reste dans le pays jusqu’à ce que la justice chilienne décide soit d’organiser un procès, soit de l’extrader vers le Pérou. Un problème majeur est que le traité d’extradition signé en 1932 entre le Pérou et le Chili stipule tipule que les crimes « « contre la société » » tels que les « homicides », mutilations » et « blessures graves » ne peuvent être considérés comme des « délits politiques » lorsqu’il s’agit de répondre à une demande d’extradition.

JAPON EXCUSES ET RÉPARATION Le gouvernement japonais a été amené à reconnaître sa responsabilité pour les crimes commis contre les « femmes de réconfort », ces 200 000 femmes transformées en esclaves sexuelles par leurs ravisseurs japonais avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Les survivantes de cet esclavage ont mis sur pied une organisation afin d’obtenir enfin les excuses et les réparations qu’elles réclament au gouvernement depuis plus de 60 ans. Le gouvernement japonais a longtemps nié toute responsabilité dans ce système jusqu’à la preuve de son implication en 1992 ; il a, depuis lors, présenté plusieurs fois des excuses officielles, jugées inacceptables par celles qui ont survécu.

SINGAPOUR UN REBELLE SINGAPOURIEN C’est le titre d’un court documentaire qui a causé bien des remous au Festival International du Film de Singapour en mars dernier. Interdite de projection au dernier moment, cette œuvre du cinéaste Martyn See a fait l’objet d’une saisie par les autorités, sous prétexte qu’elle contrevenait à la Loi sur les films, laquelle interdit « les films consacrés aux partis politiques » contenant « soit des allusions partisanes ou partiales, soit des commentaires sur quelque sujet politique que ce soit. » En effet, le film de See est particulièrement dérangeant pour le gouvernement car il est consacré à une figure marquante de l’opposition, le Dr. Chee Soon, chef du Parti démocratique de Singapour. L’histoire de ce film interdit est un exemple classique de la façon dont la liberté d’expression est muselée à Singapour. En dépit de son robuste développement économique, le pays connaît l’un des régimes les plus stricts au chapitre de la liberté d’expression. Actuellement, Martyn See fait l’objet d’une enquête criminelle. On lui a retiré sa caméra vidéo, tous ses enregistrements et une partie de son matériel de travail. Amnesty a entrepris une action en sa faveur.

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