
- Phulkomari Lama, 20 ans (à gauche) et Sudya, 22 ans (à droite), discutent avec une responsable de Maiti Népal (au centre), une ONG de réinsertion pour les filles victimes de trafic humain. Aujourd’hui, après avoir suivi des programmes de réinsertion, les deux jeunes femmes viennent de décrocher leur premier travail © Narendra Chhikara/Mantra Pres
Employée dans un restaurant de Katmandou, Phulkomari, 20 ans, touche aujourd’hui son premier salaire, fruit d’une réinsertion laborieuse. Car à l’âge de 13 ans, un homme promet à ses parents de la placer en Inde. Monnayée dans un bordel de Bombay puis revendue à Delhi, elle rejoint alors les rangs des quelques 200 000 prostituées népalaises qui, poussées par la pauvreté galopante de leur pays, alimentent les quartiers chauds de l’Inde urbaine. Convoitées pour leur beauté, dupées par les promesses des trafiquants, ces filles des campagnes sont des victimes toutes désignées. A tel point que le Népal est devenu l’un des plus importants fournisseur de prostituées au monde.
« Au début, je demandais aux clients de m’aider à me sauver, se souvient Phulkomari, mais le patron me surveillait de près. » Commence alors le quotidien des passes à 100 Roupies, sur lesquelles elle ne touche rien. « Mais j’avais de la chance, dit Phulkomari, j’avais 4 ou 5 clients par jour, alors que les autres filles en avaient au moins 25. » Deux ans durant, l’adolescente restera enfermée dans une pièce, sans pouvoir communiquer. Le cauchemar se terminera enfin quand une ONG la secourra lors d’une descente de police. « Il était une heure du matin. J’ai entendu le bruit dans les escaliers et les voix des policiers qui cherchaient les filles mineures. J’ai alors su que j’étais sauvée. Et j’ai pleuré »




