
- Les rebelles maoïstes ont enlevés tous les enfants et professeurs de cette école pendant trois jours. Cela a laissé un très fort sentiment de peur parmi les écoliers. Vallée de Katmandou, Népal. Juillet 2004. © Narendra Chhikara/Mantra Press
« Nous avons peur, ils vont revenir... ». Mana Lama et ses copains de classe l’ont échappé belle. Récemment, des maoïstes ont fait irruption dans cette école de Chaimale, non loin de Katmandou, et kidnappé tous les adolescents. Le chef maoïste n’était autre qu’un ancien élève, qui, l’arme au poing, leur a lancé : « A moi de vous donner des leçons ! ». En file indienne, 54 écoliers ont alors dû s’enfoncer dans la forêt, tandis que les rebelles minaient le terrain derrière eux et que les villageois assistaient impuissants à la scène. Avant d’être relâchés, les enfants ont dû subir trois jours d’un stage accéléré en marxisme-léninisme-maoïsme. Depuis la fin du cessez-le-feu en 2003, l’endoctrinement maoïste ne cesse de s’intensifier. Les rebelles ambitionant de mettre sur pied une milice de plus de 50 000 enfants, les écoliers sont une cible idéale. « Mais leurs idées sur les réformes agraires, on les connaissait déjà ! », claironne Mana. Les Maoïstes n’ont-ils donc convaincu personne ? « Impossible de dire ce que l’on pense vraiment », répond Mana. « Nous craignons autant les maoïstes que l’armée ». Et Mana de raconter l’histoire de son meilleur ami, Pralhad Waiba, 16 ans, disparu depuis six mois, après son enlèvement par les forces de l’ordre qui le soupçonnaient d’être « pro-maoïste ». Et Mana de conclure : « L’armée et les maoïstes, c’est pareil. »




