« Mon père m’a fait subir des violences [sexuelles] dès mes cinq ans. Il ne voulait pas que j’aille à l’école ni que je parle à qui que ce soit. Seulement que je traie les vaches. Ma mère n’était au courant de rien. C’est lui qui commandait. Mon père est venu me chercher mais je ne suis pas rentrée à la maison. Les FARC m’ont donné un AK-47 avec trois magasins de munitions, des vêtements et des bottes. Il [le père] ne pouvait plus me faire du mal. [...] Maintenant que je ne combats plus, j’aimerais aller ailleurs pour apprendre et travailler. Parce que je le mérite. Je n’ai jamais parlé des violences à personne. On ne m’avait jamais posé de questions là-dessus. De toute façon, on ne parle pas de ces choses-là. Tout ce que je savais, c’est que je devais fuir. » Témoignage d’Isabel, une ancienne jeune combattante de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), 29 novembre 2003.
« Ma fille de treize ans a été enlevée pendant une semaine. Quand je suis allée trouver la police, on m’a dit qu’elle allait bientôt revenir. Elle a réussi à me téléphoner, elle pleurait, disait qu’elle ne pouvait rien me dire. Un taxi l’a ramenée de nuit à la maison. Ils l’avaient maintenue dans une maison de prostitution qu’ils [les paramilitaires] gèrent. La jeune fille ne voulait pas parler, elle avait peur de raconter ce qu’il s’était passé. La même chose est arrivée à une autre jeune fille de quatorze ans. Ils l’ont gardée les yeux bandés dans un bordel pendant deux semaines. Ils ont menacé de la tuer si elle disait quoi que ce soit. La jeune fille s’est retrouvée enceinte et le bébé a maintenant six semaines. Ils [les paramilitaires] s’en prennent aux très jeunes filles. » Témoignage de la mère d’une jeune fille enlevée par un groupe paramilitaire d’extrême droite, novembre 2003.




