« Depuis bien longtemps la censure/S’attache avant tout aux journaux/Le travailleur ne peut s’instruire/à leurs quotidiennes leçons/Mais il chante sans savoir lire/Monsieur prenez garde aux chansons ! »
Ce texte du chansonnier Charles Gille, s’adressait au préfet qui, dans la France du XIXe, fit fermer les « goguettes », ces sociétés chantantes à l’esprit frondeur. C’est toujours vrai aujourd’hui, car la chanson, moyen d’expression le plus populaire, reste une arme de résistance terriblement efficace. Une arme qui en a envoyé plus d’un derrière les barreaux comme l’illustrent les portraits de chanteurs-militants présentés dans ce dossier.
Censurés, menacés de mort, victimes de « tracasseries policières », rien n’y fait ; les artistes engagés ont toujours la cote. Les ONG, Amnesty en tête, ne s’y sont pas trompées ; transformant en véritables ambassadeurs de leur cause les plus célèbres stars de la pop-rock. Un phénomène auquel n’échappe pas la France, où certains gros vendeurs de disques n’hésitent plus à s’afficher aux côtés d’un José Bové. Un engagement sincère mais non exempt de certaines ambiguïtés.
D’autres, se plaisent à emprunter le même sillon de la contestation mais par des chemins de traverse. C’est le cas des groupes vocaux qui ressuscitent la tradition de la chanson populaire militante.
Souvent contestataire, la chanson peut aussi, comme c’est le cas au Congo, être un moyen, très rémunérateur, de flatter les décideurs.




