Accueil du site > S’informer > Notre magazine « Le Fil » > Libertés ! (Archives) > Les anciens numéros > 405 Numéro de Juin-Juillet-Août 2004 > Dossier > En prison pour avoir enquêté sur « l’après Tchernobyl (...)

En prison pour avoir enquêté sur « l’après Tchernobyl »

mercredi 9 juin 2004, par Cécile Rolin

Le 13 juillet 1999, à Gomel, la vie de l’universitaire de renom Iouri Bandajevski a basculé. Des policiers se sont présentés en pleine nuit chez cet homme d’une quarantaine d’années qui a consacré l’essentiel de sa carrière à enquêter sur les effets de l’explosion, en 1986, du réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ce médecin est l’auteur d’un rapport critiquant les recherches officielles sur l’accident de la centrale nucléaire ukrainienne. Il y dénonçait une dépense de 17 milliards de roubles biélorusses en 1998, sans aucun résultat, et proposait une révision des programmes scientifiques. Il dénonçait également la politique de retour de la population biélorusse qui avait fui la zone contaminée après l’explosion. Car, selon ses travaux, la région est loin d’être assainie, affectant gravement l’état de santé de la population. Ils l’ont arrêté en application de la législation « antiterroriste »
En décembre 1999, il a été remis en liberté conditionnelle. Près de deux ans après sa première interpellation, Iouri Bandajevski a été de nouveau remis en prison, cette fois-ci pour purger une peine de huit ans de détention. Le 18 juin 2001, un tribunal de la ville de Gomel, à la frontière ukrainienne, l’a accusé d’avoir accepté la somme de 35,5 millions de roubles biélorusses (soit environ 26 200 euros) en pots-de-vin de la part d’étudiants qui cherchaient à être admis à l’Institut médical de Gomel, dont il était le recteur. Iouri Bandajevski a nié énergiquement et fait savoir qu’il craignait que les autorités gouvernementales ne l’aient pris pour cible parce qu’il effectuait des recherches scientifiques sur la catastrophe de Tchernobyl, et parce qu’il les avait ouvertement critiquées.
Amnesty International exprime dans son dernier rapport annuel ses inquiétudes quant à l’état de santé de Iouri Bandajevski, qui souffre de dépression. Détenu dans la colonie de travail UZ-15 de Minsk, il est considéré par l’organisation de défense des droits humains comme un prisonnier d’opinion qui a été incarcéré pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression.

Source :
http://web.amnesty.org/library/inde...

Répondre à cet article

Focus

e-Boutique

A l'agenda

En prison pour avoir enquêté sur « l’après Tchernobyl »

« février 2012 »
L M M J V S D
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 1 2 3 4
 

Mots-clés

Pays par pays