Il y a les Tziganes, les Roms, les Manouches, les Romanichels, les Sintis et les Kalés. Tous ces noms viennent du sanscrit, langue ancienne de l’Inde dont venaient ces peuples, Mais on les appelle aussi gitans, mot qui dérive d’egyptano car on a cru jadis qu’ils venaient d’Égypte, comme d’autres, plus tard, ont été nommés Bohémiens, car supposés originaires de Bohème. Cela fait beaucoup de variétés, d’autant plus que chaque groupe est extrêmement diversifié suivant l’origine géographique et l’époque de son implantation dans telle ou telle partie du monde. Alors, qu’ont-ils en commun ces peuples aux semelles de vent comme disait Rimbaud ? Pourquoi revendiquent-ils l’appartenance à cette communauté bien particulière dont le point commun est d’être universellement rejetée.
L‘histoire d’abord. Ils viennent tous de l’Inde ou du Pakistan où ils ont connu une répression terrible qui a engendré leur exode, entre le Ve et le IXe siècle. Si les tziganes sont partis, c’est pour ne pas devenir esclaves. Leur diaspora s’est faite vers l’Europe, l’Afrique, puis les Amériques et l’Australie. À l’heure actuelle, l’on estime que 12 millions de Tziganes sont répartis sur les 5 continents. Tous ceux qui ne sont pas des leurs sont des gadjés (en sanscrit, ce mot signifiait ennemi, c’est tout dire...)
La langue ensuite, le romani, dont la base est commune à toutes les communautés.
Les repères. Les Tziganes ont une vue horizontale du monde, celle des nomades. Sociologiquement cela se traduit par une solidarité communautaire qui prime sur l’autorité. (Tandis que les gadjés ont une conception verticale, faite de murs, d’édifices, de cathédrales, et de hiérarchie de la société)
La famille. C’est la base. Il s’agit de la famille parentale, du clan. Les enfants y occupent une grande place, mais jamais séparée de celle des adultes. Chaque membre de la famille est responsable de la famille toute entière, sous la tutelle des vieux, qui ne sont pas des chefs, mais des sages, ceux qu’on écoute.
Les valeurs culturelles. Tout, chez les Tziganes, est classé pur ou impur.
La pureté c’est l’honneur, la santé, la propreté, la beauté, la vie. L’impur, c’est la honte, la prostitution, la saleté, la guerre, la mort.
« Je suis fier, écrit un Tzigane, d’appartenir à un peuple qui n’a jamais déclaré la guerre, parce que nous, les Tziganes, nous n’avons pas besoin d’avoir un territoire ; nous n’avons pas éliminé et poussé les autres populations pour nous installer à leur place »
C’est sans doute cette différence et ce refus de toute assimilation, qui ont occasionné la mort programmée d’au moins 200 000 tziganes sous le régime nazi. On en a peu parlé. Même dans la mort, les Tziganes font bande à part.





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