Slovénie : L’avant-garde
Tout commence en 1988, Suzana Dewa lance le premier groupe d’Amnesty dans la petite Slovénie qui appartient encore à la Fédération yougoslave. L’actuelle présidente d’Amnesty Slovénie n’a alors que seize ans ! La section naît trois ans après l’indépendance slovène déclarée en 1991. Elle est incontestablement à l’avant-garde. Avec six milles membres pour quatre millions d’habitants, cinq salariés permanents et un budget d’environ 220 000 euros, Amnesty Slovénie est la plus importante section parmi les dix nouveaux pays membres de l’Union européenne ! Jeune, la section est très présente sur le terrain à travers de multiples campagnes de sensibilisation. Et de fait, explique Alenka Jerse, une des responsables de campagne à Llubljana, « nous nous sentons très soutenus par les sections du reste de l’Europe. Nous avons développé un projet de supervision de la police en partenariat avec nos homologues des Pays-Bas, un projet sur les droits de l’Homme avec les Norvégiens ». Au niveau du Bureau européen, le soutien est aussi très fort. Début 2004, Alenka Jerse a suivi un stage sur les questions européennes. Pour elle, « L’entrée dans l’UE va permettre à la Slovénie de faire enfin entendre sa voix. À Amnesty, on espère que le gouvernement slovène se distinguera par la défense d’une politique en faveur des droits humains ».
Pologne : Grand pays, petite section
Si Amnesty est présente en Pologne depuis près de treize ans, ce n’est qu’en janvier 2003 qu’une section est née. Avec 1 000 membres, sept employés, dont quatre à temps plein, cette section tente difficilement d’émerger dans une société encore largement marquée par l’ère communiste. « Bien sûr que l’on connaît Amnesty, mais franchement, on entend très peu parler de leurs activités », avoue une étudiante en droit de Varsovie guère étonnée, car la question des droits de l’Homme n’est pas jugée primordiale en Pologne. Selon Goska Wasilewska, ancienne présidente d’Amnesty Pologne, « les jeunes s’intéressent tout de même beaucoup à nous. Nos adhérents ont pratiquement tous moins de trente ans. Plus ouverts, les jeunes se sont délestés du fardeau communiste... Les personnes plus âgées pensent qu’envoyer des lettres pour soutenir un défenseur de droits humains n’est pas assez efficace, ils préfèrent militer dans les partis ». À Rzeczpospolita, quotidien libéral, on constate « qu’ils font beaucoup de choses bien, mais qu’ils ne suscitent pas encore l’enthousiasme. Sur certaines prises de position ils sont jusqu’au-boutiste ! » Embryonnaire la section polonaise est pourtant stratégique pour Amnesty. Grand pays de 40 millions d’habitants, la Pologne aura sans doute une influence sur les pays d’Europe centrale. Pour pallier au manque de moyens, le Bureau UE d’Amnesty devrait appointer d’ici à 2005 une lobbyiste. Installée à Varsovie, elle travaillera en direction des gouvernements polonais, hongrois, tchèque, slovaque et slovène. À terme, au niveau des pays Baltes, un effort similaire pourrait être entrepris.
Hongrie, République Tchèque et Slovaquie : les labos
La structure d’Amnesty en Hongrie compte quelque 100 membres et emploie une personne. En tête de ses priorités figurent la lutte contre l’intolérance, les discriminations,les violences contre les femmes et les violations des droits humains dans le cadre de conflits armés. Dans ses actions d elutte contre les discriminations, Amnesty Hongrie se concentre en particulier sur les droits des Roms et des demandeurs d’asile.
La structure d’Amnesty en République tchèque existe depuis 1991. Elle compte 170 membres (en règle de cotisation) et quelque 600 sympathisants. Trois groupes reconnus sont actifs dans le pays. La structure tchèque emploie une personne, épaulée par une vingtaine de bénévoles. Leur travail porte essentiellement sur la mise en œuvre d’un programme d’éduction aux droits humains très développé. Ce programme prévoit notamment la formation aux droits humains des enseignants, des policiers,des éducateurs travaillant en milieu carcéral etc.
La structure Amnesty de Slovaquie ne comporte pour le moment qu’un seul groupe actif dans la capitale et environ 150 membres répartis sur l’ensemble du territoire. Il s’agit en majorité de jeunes membres et le roulement est important. La Structure Amnesty locale est gérée et animée par deux employées. Elles sont toutes deux très orientées vers l’action publique et la sensibilisation de la population à la question des droits humains.
Des groupes d’Amnesty International existent également à Chypre, à Malte, en Estonie et en Lituanie.




