Constatant l’impact négatif des sanctions américaines sur les droits civils et politiques des Cubains ainsi que sur leurs conditions de vie, Amnesty demande la levée des sanctions mises en place par les États-Unis en 1960. Les autorités cubaines ont justifié la nouvelle vague de répression par la nécessité de se défendre contre les provocations et menaces des États-Unis à l’égard de leur sécurité nationale. Amnesty International reconnaît les effets négatifs de l’embargo sur les droits économiques, sociaux et culturels, mais souligne que les autorités cubaines se sont servies depuis des années des sanctions américaines pour justifier et amplifier la répression. Des dispositions spécifiques de l’embargo comme l’allocation de sommes importantes à l’aide « à la construction de la démocratie » ont facilité la tâche du gouvernement qui s’efforce de dépeindre les dissidents comme des sympathisants de l’étranger. La nouvelle loi 88 qui prévoit des peines très lourdes pour les personnes accusées de soutenir la politique américaine envers Cuba, montre très clairement le lien entre la répression et la politique américaine. Tous les Cubains sont touchés par l’embargo, mais les personnes les plus démunies sont particulièrement affectées par les carences des secteurs de la santé de l’éducation. Selon le rapport 2002 de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la proportion de Cubains souffrant de malnutrition est passée de 5 % dans les années 1990-1992 à 17 % en 1997-1999. Amnesty a toujours estimé que l’embargo contribuait à créer un climat propice aux atteintes aux droits humains, mais cet appel pour la levée des sanctions correspond aussi au nouveau mandat de l’Organisation qui intègre davantage les droits économiques et sociaux. Réf : AMR 25/007/2003
Amnesty demande la levée de l’embargo
lundi 1er décembre 2003
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