
- Robert Mugabe, libérateur ou dictateur du Zimbabwe ? © IDAF
Fondateur de la Zimbabwe African National Union(ZANU) en 1963 et leader de la guérilla, Robert Mugabe négocie l’indépendance de son pays avec une autre figure importante de l ’indépendance, Joshua Nkomo, dirigeant de la Zimbabwe African People’s Union (ZAPU). Lors des élections de 1980, le Zanu remporte la majorité et Mugabe devient Premier ministre. Le ZANU de Mugabe, qui avait mené le combat contre le pouvoir blanc dans ce qui était alors la Rhodésie, forme une coalition composée de Blancs et de la ZAPU de Nkomo, évincés du pouvoir par la suite. Lorsque la Rhodésie devient le Zimbabwe en 1980, Mugabe est considéré comme l’emblème d’une transition réussie du colonialisme en Afrique, mais les 22 années qui ont suivi racontent une tout autre histoire. Qui se souvient encore du fait que le Zimbabwe est l’une des histoires à succès du début des années 80 ? À L’époque, la croissance est de 5 % l’an et le pouvoir s’emploie à équiper les zones rurales en routes, électricité et eau potable. Les soins de santé et l’éducation ne sont pas en reste. Mugabe a mené son pays à un taux d’alphabétisation inégalé en Afrique, 85 %, et son socialisme déclaré promettait une égalité plus grande devant la santé dans un Zimbabwe nouveau et multiracial. Élu président en 1987, il est devenu, au fil des ans, de plus en plus tyrannique et ses méthodes de plus en plus violentes vis-à -vis de ses opposants politiques. En 1990, la période de grâce touche à sa fin et le pays est très lourdement endetté. Tous les maux qui frappent aujourd’hui le Zimbabwe : la pénurie, l’inflation galopante, le chômage et la famine qui touche actuellement six millions de personnes, sont une réalité scandaleuse dans un pays qui avait pour ambition d’assurer la sécurité alimentaire de toute l’Afrique australe. En mars 2002, Robert Mugabe est réélu président à la majorité de 56,2 % des voix contre son adversaire Morgan Tsvangirai, responsable du Mouvement pour le Changement démocratique, soutenu par les Blancs, alors que les Occidentaux, dans leur ensemble, récusent le scrutin, contrairement aux Chefs d’État de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC). La distorsion entre les points de vue africain et occidental rend les choses bien difficiles. Comment se faire une opinion valable ? Il est sûr que dans les années 80, Mugabe a fait du bien à son pays. Il a mis sur pied une réforme agraire (mal gérée par la suite), a doté son pays d’infrastructures aux niveaux de l’éducation et de la santé. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions... Mugabe est bien un dictateur, et africain de surcroît ! Il favorise ses partisans, ne tolère aucune opposition, la réprime avec violence et partialité, il a mené son pays au gouffre économique, à la famine et à la pauvreté totale, et il veut à tout prix asseoir son pouvoir de vieux leader finissant sur un pays qui, après l’indépendance, était plein de promesses.





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