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Servas : une autre vision du voyage

vendredi 30 mai 2003, par Claude Gouzée

« C’est fascinant pour moi que des gens qui ne me connaissent pas m’ouvrent la porte, m’invitent à leur table, et m’offrent un lit pour la nuit ! »

Une Belge rentre de France : « Nous avons rencontré cinq hôtes différents, dans les Vosges, le Jura, en Bourgogne. Tout s’est bien passé. Bien sûr, il y a eu ceux avec qui on se sentait tout de suite à l’aise (on avait des idées et des intérêts communs). Et les autres. Mais ils ont tous fait leur possible pour nous recevoir avec amitié, et nous fournir des conseils sur les choses à voir et celles à éviter  »

Un couple belge a été voir son fils au Japon ; les seuls Japonais avec lesquels ils ont vraiment pu échanger : des membres « Servas » !

Des témoignages parmi tant d’autres. De quoi s’agit-il ? « Servas » - qui signifie « nous servons » en esperanto - est peu connu, bien qu’il existe depuis près de 60 ans. Lancé en 1948 par un pacifiste américain, Bob Lutweiler, convaincu que c’est en s’appréciant mutuellement qu’il sera possible de promouvoir la paix dans le monde, Servas repose sur un principe simple : mettre en réseau au niveau mondial des « traveller » (voyageurs) et des « host » (hôtes) qui partagent une série de valeurs communes : tolérance, pacifisme, ouverture au Monde. L’hôte s’engage à héberger de une à deux nuits un voyageur ou, pour ceux qui n’ont pas la possibilité d’offrir le gîte, à l’accompagner pour la journée. Dans les deux cas, on est repris sur la liste des « hosts » de son pays (avec les coordonnées, ce qui est offert comme logement, les langues parlées, la profession, les intérêts, les ONG dont on est membre, etc.). La règle chez Servas veut que l’on reste généralement une à deux nuits chez son hôte, mais libre à lui d’offrir, en plus des repas, de l’aide pour visiter le pays, ou même une prolongation... selon ses possibilités et selon la sympathie qui s’installe entre les deux membres du réseau.

Quant au voyageur, avant de partir, il demande une « lettre de présentation » au Secrétaire national de Servas, lettre à présenter à chacun des hôtes. On devient membre du réseau uniquement par cooptation, après avoir payé une cotisation modique de 7 euros. Aujourd’hui, l’esperanto n’est plus le centre d’intérêt, et a été vite remplacé par la volonté de contribuer à la paix dans le monde. Servas est d’ailleurs représenté à l’ONU en tant qu’ONG, et participe (aux côtés de plus de cent autres ONG, dont Amnesty1) aux sessions de la Commission des droits de l’homme. L’association a également participé au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg, l’été dernier. Servas regroupe aujourd’hui près de 20 000 hôtes, de plus de 120 pays et chaque année plus de 15 000 membres du réseau voyagent à travers le monde. Au cours de l’année 2002, 45 d’entre eux ont demandé la liste des hôtes belges et 158 membres belges ont eu recours au réseau Servas.

Le nombre d’hôtes a beaucoup augmenté à Bruxelles et, comme en même temps, le nombre de voyageurs américains et canadiens a un peu diminué, à cause de la guerre, il y a eu moins d’appels. Mais certains, parmi les visiteurs d’autrefois sont devenus de vrais amis.

Pour informations complémentaires, cliquez sur le site : http://www.servas.org/belgium ou écrivez à l’adresse E-mail belgium servas.org

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