
- Jeunes filles mayas « Ixil » du village de Tzalbal, dans la région des Hautes terres © Aline Dehasse
Les enfants ont également été les victimes directes de la « sale guerre » guatémaltèque. Parmi les 6 159 « disparitions » recensées par la Commission de clarification historique (CEH), 11 % étaient des enfants et, sur la totalité des corps exhumés des fosses communes entre 1997 et 2000, 33 % étaient ceux d’enfants. Ces disparitions ont alimenté un très lucratif marché de l’adoption.
D’après un rapport du Bureau de Défense des droits de l’Homme, publié en août 2000 [1], le racket des adoptions illégales est le fruit de la guerre civile lorsqu’il est devenu « à la mode » pour les officiers, soldats et patrouilleurs civils « d’adopter » des jeunes enfants errants après le meurtre ou l’enlèvement de leur famille.
Nombreux parmi ces enfants firent fonction de domestiques non rémunérés. D’autres enfants, devenus orphelins ou séparés de leur famille à la suite du conflit, furent traités comme butin de guerre et vendus en vue d’être adoptés.
Quand il est apparu à quel point le commerce des enfants pouvait rapporter gros, le nombre des offres d’adoption, en particulier vers l’étranger, est monté en flèche. Aujourd’hui, il y a plus d’enfants guatémaltèques adoptés que dans n’importe quel autre pays d’Amérique latine et ce minuscule pays est le quatrième dans le monde pour le nombre d’enfants adoptés à l’étranger.
Pratiquement 98 % des adoptions sont extérieures au Guatemala, 80 % d’entre elles sont illégales. Certains de ces enfants sont proposés à la vente par leur famille dans le dénuement ; d’autres sont arrachés aux bras de leur mère, munis de faux papiers et expédiés clandestinement à l’étranger. Les quelque 200 avocats impliqués dans le commerce des bébés demandent en moyenne 25 000 dollars aux couples étrangers désireux d’adopter un enfant ; de même des fonctionnaires et leurs familles seraient eux aussi impliqués et prêts à tout pour protéger leurs intérêts.
Source : Guatémala :Un héritage fatal. Impunité pour le passé et retour des violations des droits humains, rapport Amnesty International, n° Index : AMR 34/001/2002.





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