Le président Portillo propose d’émettre des eurobons, c’est-à-dire des bons guatémaltèques qui seraient achetés par l’Europe pour financer le développement économique du Guatemala. Il y en aurait pour 700 millions d’euros. Le Prix Nobel de la Paix guatémaltèque, Rigoberta Menchú, affirme que l’intention du président est d’utiliser cet argent pour payer les arriérés de soldes des patrouilleurs civils (PAC) et financer leur réorganisation… En juillet dernier, d’anciens membres des PAC ont occupé un aéroport national et ont pris en otage des civils dans le département du Petén, exigeant des compensations financières de la part du gouvernement. Le président Portillo exprima son intention de rencontrer leur demande, allant même jusqu’à les qualifier de « héros nationaux » [1]. D’où les inquiétudes des défenseurs des droits humains de voir les fonds versés à titre d’aide au développement être utilisés pour satisfaire les exigences d’auteurs de crimes de génocide.
L’Europe va-t-elle financer les assassins ?
Jac Forton
lundi 3 mars 2003
Notes
[1] Guatemala : Political violence unchecked, communiqué de presse de Human Rights Watch, août 2002.




