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Sida : Amnesty prend position

mercredi 1er janvier 2003, par Brian May

Depuis l’élargissement de son mandat, Amnesty peut à présent réagir à un éventail beaucoup plus large d’atteintes aux droits humains qu’auparavant - elle peut notamment s’occuper de certaines atteintes aux droits économiques, sociaux et culturels. Un certain nombre de questions liées aux droits à la santé, dont beaucoup de celles que soulève la pandémie de sida, entrent donc désormais dans le cadre de sa mission. Et ce 1er décembre, journée mondiale contre le Sida, Amnesty s’est manifesté publiquement.

À Paris, la manifestation contre le Sida a rassemblé près de 1500 personnes de différentes associations luttant de près ou de loin contre le VIH. Act Up était bien sûr en tête. La section française d’Amnesty International était aussi présente et beaucoup de ses militants ont été interviewés faisant passer le message propre au combat de l’organisation sur ce sujet-là. Radio France International par exemple, très écoutée en Afrique, a très largement diffusé et répercuté les préoccupations d’Amnesty.

Les droits humains : un élément essentiel de la lutte contre le sida Parmi ces préoccupations, Amnesty souligne les dangers qui menacent les personnes séropositives : stigmatisation, mauvais traitements, interdiction de séjour dans des pays étrangers, exclusion des services sociaux et du système de santé, perte ou refus d’emploi et de logement. Autant de raisons pour un séropositif de cacher sa maladie en ne demandant pas de traitement, aggravant ainsi les conséquences du VIH.

En outre, les personnes qui risquent le plus d’être contaminées par le virus du sida sont celles qui sont en marge de la société et qui sont privées de leurs droits les plus fondamentaux - le droit de ne pas subir de discrimination, le droit à l’éducation, le droit à l’intégrité physique, le droit de bénéficier de soins médicaux et le droit à la sécurité économique.

Pour Amnesty, il est du devoir des gouvernements de prendre et d’appliquer des mesures immédiates pour encourager des pratiques recommandables dans le domaine de la santé et pour surmonter les préjugés, la désinformation et la discrimination qui règnent au sein de l’opinion publique.

Une étude menée en Asie centrale a révélé qu’un tiers des jeunes femmes n’avaient jamais entendu parler du sida. Or, à l’échelle mondiale, le taux de contamination des femmes augmente inexorablement.

Avec 42 millions de personnes séropositives dans le monde, il est aujourd’hui indispensable que les gouvernements et la communauté internationale aient la volonté politique de résoudre ces problèmes, a affirmé Amnesty International. Le droit à la santé, au travail, à la sécurité de sa personne, les droits de l’enfant et le droit de ne pas être victime de discrimination en raison de son sexe ou de son orientation sexuelle doivent être mieux protégés pour contenir la propagation du virus du sida.

Texte très largement inspiré du communiqué de presse (POL 30/008/02) : « Journée mondiale de lutte contre le sida : les droits humains sont un élément essentiel de la lutte contre le sida ».

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